Hänsel et Gretel ou «les bougons à l’opéra»

MONCTON – Souvenez-vous de cette maison en pain d’épice habitée par une affreuse sorcière qui menace de faire cuire et de manger Hänsel et Gretel. Ayant bercé l’enfance de plusieurs générations, ce conte universel est incarné par l’Atelier d’opéra de l’Université de Moncton.

La professeure de chant Monette Gould, de l’Université de Moncton, qui succède à Lisa Roy, maintenant doyenne de la Faculté des arts et des sciences sociales, s’est joint au metteur en scène et scénographe René Poirier dans la production de cet opéra.

Devenu un événement artistique incontournable, l’Atelier d’opéra de l’Université de Moncton propose chaque hiver un spectacle original. René Poirier en est à sa 18e participation.

«Je recommence chaque année et j’apprends chaque fois», a déclaré M. Poirier, au cours d’un entretien quelques minutes avant une répétition au Théâtre Capitol.

Celui qui a déjà monté Hänsel et Gretel en 2001 a voulu vraiment faire autre chose cette fois-ci en réactualisant un peu la mise en scène et la scénographie.

Cet opéra a été créé par le compositeur allemand Engelbert Humperdinck, à la fin du XIXe siècle, à partir du conte traditionnel des Frères Grimm.

«Quand on a une histoire universelle, on peut se promener dans le temps et ça fonctionne.»

René Poirier s’est inspiré des deux niveaux de personnages pour revisiter l’œuvre à sa façon. Il y a les personnages imaginaires, comme la sorcière, la fée rosée, le marchand de sable et les anges dans la forêt.

«Pour ce qui est des deux enfants et des parents qui sont des personnages réels, je les ai campés un peu plus aujourd’hui. Si je résume en une phrase, ce sont les bougons à l’opéra», a souligné René Poirier.

Six solistes, 14 choristes, 14 danseurs et six musiciens dirigés par Monique Richard sont réunis dans cette production. La majorité des rôles sont assumés par des étudiantes de la classe de chant de Monette Gould. Un ancien étudiant, le baryton Pierre McGraw, et étudiante en chant de la Mount Allison University, la mezzo-soprano Morgan Traynor, compléteront la distribution.

Les danseurs de l’Académie de ballet classique et de danse moderne interpréteront une chorégraphie de Suzanne Bourque.

L’opéra est présenté dans sa version originale allemande; ce qui constitue un défi de taille pour les chanteurs.

«Il faut s’assurer que les étudiants apprennent bien la musique, la diction et la langue. J’ai même consulté une de mes collègues allemandes à Mount Allison», a indiqué Monette Gould, qui estime que cet opéra est tout à fait approprié pour les jeunes voix, même s’il est difficile musicalement.

«Il y a à la fois des moments où la musique est atonale et des petites lignes qu’on pourrait chanter toute la journée», a ajouté la professeure de chant avec enthousiasme. Elle confie être très fière du travail de ses étudiants.

Une excellente initiation

Monette Gould estime qu’Hänsel et Gretel est une bonne porte d’entrée à l’opéra pour les spectateurs qui en sont à leur première expérience.

«Ce n’est pas lourd, l’histoire est connue et assez simple», a mentionné la professeure de chant.

D’après René Poirier, c’est un beau conte plein de bonne humeur avec un bel univers.

«C’est du bonbon», a-t-il exprimé.

L’opéra, qui est chanté en allemand, est accompagné de surtitres en français et en anglais, pour aider à la compréhension de l’histoire.

Lisa Roy assume la direction artistique du spectacle pour une dernière année. Les représentations ont lieu au Théâtre Capitol, le 28 janvier à 20 h et le 29 janvier à 14 h.