Les arts ont un rôle à jouer dans le développement des communautés

DIEPPE – Les arts peuvent contribuer à retrouver l’âme d’une municipalité, estime le fondateur et président de Hill Stratégies, Kelly Hill, qui s’arrêtera à Dieppe afin de présenter une conférence sur le rôle essentiel des artistes dans le développement des villes et des villages.

Un quart des 140 000 artistes au Canada habitent en région rurale ou dans des municipalités de moins de 50 000 habitants. Au Nouveau-Brunswick, plus de la moitié des 1900 artistes vivent dans de petites municipalités, a fait remarquer Kelly Hill.

«C’est la seule province où c’est le cas, à part l’Île-du-Prince-Édouard, où il n’y a pas de grandes villes», a-t-il déclaré au cours d’un entretien avec l’Acadie Nouvelle.

Selon Kelly Hill, il s’agit d’un enjeu important pour la province.

«On a vu dans les statistiques que les artistes les plus aptes à vivre en milieu rural ce sont les artistes visuels et les artisans parce qu’ils ont moins besoin d’infrastructures», a poursuivi Kelly Hill, soulignant que les régions rurales peuvent être attirantes pour les artistes puisque le coût de la vie y est moins élevé.

Le président de cette entreprise, qui depuis 2002 se spécialise dans les recherches sur les arts au Canada, considère que le rôle de l’artiste peut être crucial dans le développement d’une municipalité. Dans sa présentation, il donnera quelques exemples de villes, comme Arnaudville en Louisiane, qui ont réussi à se développer à nouveau grâce aux artistes.

«Souvent, il y a un leader qui est très fort dans la petite ville et cette personne en regroupe d’autres autour de sa vision», a-t-il expliqué.

«Un artiste est souvent au centre du développement des petites villes parce qu’il contribue à beaucoup d’autres activités culturelles. Ils font partie d’un festival et ce festival-là peut avoir des impacts importants au niveau économique et social sur la ville.»

Bien que les artistes jouent un rôle essentiel au développement de leur communauté, il reste que leur revenu annuel demeure très bas. Le revenu médian des artistes canadiens est de 12 900 $.

Au Nouveau-Brunswick, il chute à 8800 $, une situation typique de l’ensemble de l’Atlantique où les défis économiques des artistes sont encore plus grands.

Kelly Hill considère que cette situation est attribuable à plusieurs facteurs.

«Premièrement, les Canadiens n’achètent pas suffisamment d’oeuvres originales canadiennes, ensuite les compagnies privées n’investissent pas beaucoup dans les arts et les gouvernements pourraient en faire plus», a exprimé Kelly Hill.

Celui-ci cite un rapport du Conseil des arts du Canada qui date de quelques années dans lequel on souligne qu’une grande proportion de Néo-Brunswickois ne sont pas en mesure de nommer un organisme artistique dans leur communauté.

«C’est assez déprimant; donc il y a du travail à faire pour les organismes artistiques afin d’avoir plus d’engagement et de reconnaissance du public», a ajouté Kelly Hill.

Présentée par l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick, la conférence de Kelly Hill, qui est ouverte au public, aura lieu au Centre des arts et de la culture de Dieppe, samedi, à 13 h 30.