Le théâtre l’Escaouette raconté à travers ses affiches

MONCTON- De Ti-Jean, de Laval Goupil, en 1978, jusqu’à Wolfe, d’Emma Haché, en 2011; le théâtre l’Escaouette à Moncton souligne 35 années de création théâtrale avec son exposition d’affiches qui a été dévoilée jeudi.

Plusieurs personnes du milieu théâtral, des amis et des artisans de la compagnie ont assisté au vernissage de cette exposition qui s’intitule 35 ans à l’affiche, marquant ainsi le 35e anniversaire de la compagnie. La collection rassemble 50 affiches des pièces créées ou coproduites par l’Escaouette au fil des années.

«Je suis ravie de voir enfin la réalisation de ce projet. C’est plus qu’une exposition d’affiches, c’est le parcours et surtout la mémoire de la compagnie», a déclaré la directrice artistique du théâtre l’Escaouette, Marcia Babineau, profitant de l’occasion pour saluer le travail de ses prédécesseurs et des membres fondateurs de la compagnie, Roger LeBlanc, Gracia Couturier et Philippe Beaulieu, avec une pensée toute spéciale pour Bernard LeBlanc, décédé en 2007.

Le conservateur de l’exposition, Herménégilde Chiasson, estime que cette exposition qui témoigne de la vitalité du théâtre en Acadie apporte un peu de positif à l’intérieur du milieu théâtral, critiqué récemment.

Selon M. Chiasson, chaque affiche, de la plus modeste aux plus sophistiquées, raconte une histoire, lui rappelant ainsi plein de souvenirs. Elles reflètent aussi l’évolution des productions.

Le dramaturge et artiste visuel a toujours insisté pour qu’une affiche soit réalisée pour chaque pièce. Il en a d’ailleurs dessiné plusieurs, rappelant qu’il vient d’une génération où l’on faisait tout: l’écriture, les costumes, les décors, les accessoires, la publicité.

«C’est un art populaire et public. Le fait de mettre des affiches en français à Moncton, j’aimais beaucoup ça», a-t-il mentionné.

Les affiches sont exposées un peu partout dans le théâtre. Dans le hall d’entrée, ils ont mis les affiches des productions plus récentes. Certaines affiches qui étaient abîmées ont dû être restaurées et laminées.

Le 2 février est le jour traditionnel de la Chandeleur, moment où l’on effectuait la danse de l’escaouette qui a donné le nom au théâtre. D’ailleurs, le concepteur du logo du théâtre, Gaston Richard, qui a assisté au vernissage, s’est inspiré de cette fête pour créer l’image de la compagnie, il y a 35 ans.

Herménégilde Chiasson considère que les affiches sont encore nécessaires aujourd’hui, même si la publicité se fait beaucoup de façon électronique.

«Je me dis que c’est nécessaire parce que c’est un peu comme la mémoire parce que le théâtre est éphémère», a exprimé M. Chiasson qui a signé près de 35 œuvres théâtrales à l’Escaouette. Sa prochaine création, La vieille femme près de la voie ferrée, sera présentée au mois d’avril.

«Je voulais écrire au théâtre et je me suis dit que la seule manière pour que ça puisse être joué, était de m’affilier avec une compagnie», a-t-il ajouté.

L’auteur et chroniqueur David Lonergan travaille à l’écriture d’un livre sur le parcours du théâtre l’Escaouette qui sera publié prochainement, toujours dans le cadre du 35e anniversaire de la compagnie.