Phil Flowers allie tradition et modernité

MONCTON – C’est connu, le folk est bien ancré sur la côte Est. Phil Flowers, le philosophe de la scène musicale monctonienne, ne fait pas exception, en proposant un style hybride alliant tradition et modernité.

Phil Flowers définit son style comme un folk alternatif, sur des textes qui exposent les angoisses de l’existence et les travers de la société. Ses influences sont nombreuses, mais il est évident que sa musique s’inspire de la scène folk américaine comme Bob Dylan. L’Acadie Nouvelle a rencontré Phil Flowers jeudi, au cœur même des activités de la Semaine de la musique de la côte Est (AMCE) qui bat son plein au centre-ville de Moncton. Après avoir joué dans un groupe de punk rock progressif il y a quelques années, l’auteur-compositeur-interprète qui fait de la musique depuis 12 ans a choisi la voie de la simplicité en se tournant vers le folk rock. People People, son premier disque solo, paru en 2010, a été récompensé par Musique NB en octobre dernier. Pendant la Semaine de l’AMCE, il offre six vitrines, dont deux officielles et quatre non officielles. Il espère que ces prestations lui ouvriront des portes.

«Le but est de rencontrer de nouvelles personnes qui peuvent t’aider et d’autres artistes de l’extérieur avec qui on peut jouer. Ce n’est pas si difficile que ça de jouer à Moncton et d’avoir du public, mais c’est plus difficile de faire venir du monde à ses spectacles quand nous sommes à l’extérieur», a poursuivi l’artiste.

Né d’une mère québécoise et d’un père néo-brunswickois et ayant étudié en philosophie à l’Université de Moncton, Phil au très joli nom de Flowers, a toujours vécu en français. Pour la musique, il a choisi la langue de Shakespeare.

«Quand j’étais plus jeune, il y avait Jean Leloup, mais à part ça, je n’ai jamais écouté beaucoup de musique francophone. Comme c’est de l’anglais que j’écoute, c’est ce qui sort quand j’écris des chansons», a raconté celui qui propose un univers singulier dans ses pièces. Plutôt cynique, Phil Flowers confie qu’il remet en question les valeurs de la société moderne. À son avis, il est difficile d’être optimiste aujourd’hui quand on voit tout ce qui se passe autour de soi.

«On dirait que c’est plus facile d’écrire quelque chose de négatif que de positif. Si c’est positif, je trouve que ça fait à moitié quétaine. Il y a quelque chose de quand même beau dans l’amertume», a-t-il souligné.

Sans vouloir être trop politique dans sa musique, celui qui essaie de porter un message plus subtil s’insurge contre le capitalisme et la société de consommation. Phil Flowers espère un jour faire carrière en musique à temps plein. En attendant «Je fais semblant d’être le chef du département des plaintes pour une compagnie de cellulaires», a-t-il ajouté avec ironie.

Pour l’enregistrement de son premier disque, il s’est entouré de musiciens acadiens comme Christien Belliveau, Pascal Raîche-Nogue, Julie Doucette et Jeremy MacFarlane.

Phil Flowers est en spectacle vendredi à l’AMCE, sur la scène Étoile montante, au Delta Beauséjour (salle de bal), à 20 h 50. Il présente d’autres extraits de spectacle au Delta Beauséjour et au restaurant-cabaret Vie samedi, ainsi qu’au Plan B dimanche après-midi.