Luc A. Charette trempe son pinceau dans la soupe néo-pop

MONCTON – L’artiste Luc A. Charette, de Moncton, présentera des œuvres inédites dans deux expositions collectives majeures à la Galerie d’art Beaverbrook, à Fredericton.

Luc A. Charette, qui travaille depuis plus d’une année à une série de peintures basées sur la structure visuelle du célèbre portrait de Mona Lisa (La Joconde) de Léonard de Vinci, a été invité par le conservateur en chef de la galerie, Terry Graff, à participer à l’exposition La soupe chaude néo-pop. Cette exposition rassemblera des œuvres de 10 artistes du Nouveau-Brunswick et s’ouvrira le 22 avril. Elle illustrera le regain d’intérêt pour le mouvement du Pop Art des années 1950 et 1960 dans la pratique artistique contemporaine au Nouveau-Brunswick. Comme l’explique Luc A. Charette, les artistes sélectionnés s’inscrivent en quelque sorte dans le mouvement néo-pop art. Le Pop Art allie souvent médias de masse et œuvres d’art.

«Il y a un regain dans le domaine des arts pour ce mouvement», a déclaré Luc A. Charette, seul artiste francophone à faire partie de cette exposition.

La collection proposera aussi des œuvres de Jack Bishop, John Pottle, Gerard Collins, Alexandrya Eaton, Brian MacKinnon, Peter Manchester, Gordon Jennings, Jean Rooney et Cliff Turner. Peu de créateurs francophones ont exposé à la Galerie Beaverbrook, même s’il s’agit de la galerie d’art provinciale.

«Je suis bien content, mais un peu nerveux à cause, entre autres, de la qualité du travail des autres artistes», a confié Luc A. Charette, qui sera aussi le parrain du prochain Festival des arts visuels en Atlantique, à Caraquet, à la fin juin.

Pour l’exposition sur le Pop Art, l’artiste de Moncton réalise une œuvre composée de 32 peintures (3 pi sur 5 pi) mesurant 10 pi de haut sur 45 pi de large. Des en-têtes incorporés dans les peintures indiqueront le titre de l’œuvre et la date de création, ce qui correspond bien avec le Pop Art.

«Il n’y a pas d’espace entre les peintures, tout est collé ensemble comme des timbres», a souligné Luc A. Charette, qui n’avait pas touché à la peinture depuis de nombreuses années. Chaque portrait a été réalisé d’après la structure de La Joconde. Ce sont différentes interprétations de personnages typiques d’une société. Certains sont plus figuratifs que d’autres. Refaire de la peinture a constitué un renouveau pour Luc A. Charette.

«Les premiers mois, j’ai dû réapprendre à manipuler les couleurs. Quand je commence, j’ai juste la forme de base et je ne sais jamais ce que je vais faire. Je travaille toujours un rapport très fort entre le fond et le personnage en avant. C’est en surface, il n’y a pas de perspective; ce qui est une autre caractéristique du Pop Art», a mentionné l’artiste prévoyant réaliser 100 tableaux dans le cadre de cette série.

L’exposition sera présentée jusqu’au 10 juin. Luc A. Charette a également été invité à participer à l’exposition estivale de la Galerie Beaverbrook, intitulée Whirligigs: going with the winds et organisée par le directeur général de la galerie, Bernard Riordon. Cette exposition de groupe réunira le travail de plusieurs artistes et sera présentée à l’intérieur et à l’extérieur de la galerie. Luc A. Charette créera une immense installation extérieure composée d’objets mus par le vent.

«Je commence à ramasser des idées. Ça va avoir l’air un peu d’un parc d’enfant. Je veux travailler avec des matériaux recyclés afin de garder l’esprit de l’art naïf», a ajouté l’artiste qui prévoit envoyer quelques esquisses de son œuvre vers la fin du mois.