Louiselle Noël se penche sur l’itinérance en région

MONCTON – L’itinérance est souvent associée aux grandes villes, mais qu’en est-il des régions rurales et des plus petits centres urbains comme Moncton? La cinéaste Louiselle Noël se penche sur cette réalité en suivant le parcours de certains participants à l’étude canadienne Chez soi sur l’itinérance et la maladie mentale.

Louiselle Noël est l’une des cinq cinéastes canadiennes qui œuvrent au projet de documentaire web Ici, chez soi de l’Office national du film du Canada.

Ce projet, qui plonge dans les coulisses de l’enquête scientifique Chez soi, mettra en ligne une cinquantaine de capsules documentaires d’environ trois minutes d’ici à l’été 2013. Louiselle Noël en réalisera une dizaine.

Unique au monde, cette étude, qui porte sur la santé mentale et l’itinérance en misant sur le logement, est pilotée par la Commission de la santé mentale du Canada. Pour plusieurs itinérants, la maladie mentale est une réalité quotidienne. Louiselle Noël, qui a déjà réalisé des documentaires sur l’enfance et la santé mentale, a tout de suite été intéressée par ce projet cinématographique.

Celle qui avait réalisé, entre autres, Ça tourne dans ma tête en 2010 estime qu’il y a une certaine beauté subtile dans la maladie mentale.

«Ce sont souvent des gens très intelligents, poétiques, sensibles, et qui ont une belle beauté intérieure. Quand on arrive à passer à travers les tabous, on peut voir dans ces gens-là de belles choses», a affirmé Louiselle Noël, qui cite Lise en exemple. On apprend à la connaître dans un de ses documentaires.

«Quand elle fait de la peinture, elle est belle, décontractée, et elle a l’air tellement heureuse», a-t-elle souligné.

Louiselle Noël crée des œuvres tranquilles et réalistes qui tentent de démystifier l’itinérance en milieu rural. Dans ses deux premières capsules documentaires, elle présente les portraits de Lise et d’Hector, des personnes qui vivaient dans la rue et dont la vie s’est améliorée grâce au projet Chez soi. À Moncton, chaque année, 1 % des 130 000 habitants utilisent les services pour sans-abri dans la région.

«Ici, les sans-abris vont dans les refuges et ils font beaucoup ce qu’on appelle du couch surfing, c’est-à-dire qu’ils vont chez un ami et la parenté. Il y en a aussi qui vivent dans la rue. D’ailleurs, je les vois de plus en plus parce que je travaille avec eux, donc je suis plus consciente de ce phénomène maintenant», a-t-elle expliqué.

Les participants au documentaire ont été choisis à travers la banque de 200 personnes de la région de Moncton qui participent à l’étude Chez soi.

«Je trouve que c’est une étude fabuleuse, parce que c’est la première fois que ça se fait dans le monde, et ça va prouver que finalement leur fournir un toit coûte moins cher à l’État que de les avoir dans la rue», a soulevé la cinéaste.

Louiselle Noël mentionne que les thèmes abordés à Moncton sont un peu moins durs que ceux dans les grandes villes comme Vancouver, Toronto, Montréal ou Winnipeg. Louiselle Noël propose une approche tout en douceur.

«Si je les respecte, ils se sentent plus à l’aise et plus en confiance, puis ils veulent raconter leur histoire. À la fin, quand ils se voient dans le film, ils sont très émus», a ajouté Louiselle Noël.

Le public peut visionner les courts métrages sur Internet.