Les finalistes du prix Sobey exposent leurs oeuvres

MONCTON – La Galerie Louise-et- Reuben-Cohen, à Moncton, accueille cet été l’exposition Prix artistique Sobey: Dix ans de finalistes en Atlantique. Des œuvres de Mario Doucette et de Jean-Denis Boudreau, de Moncton, font partie de cette collection importante.

Organisée par le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, l’exposition regroupe des œuvres des huit artistes de la région atlantique ayant tour à tour été finalistes à ce concours national prestigieux. Établi en 2002 par la Fondation des arts Sobey, le Prix artistique Sobey constitue une reconnaissance importante pour les artistes canadiens. Cette distinction est accordée annuellement à un artiste âgé de 40 ans et moins et attribue 70 000 $ en prix.

«C’est incroyable comme impact. Si j’étais un peu connu ici dans ma province, le prix Sobey m’a fait connaître à travers le pays. Pour moi, cela a eu des retombées énormes», a déclaré Mario Doucette, qui a été finaliste pour la région Atlantique en 2008.

La commissaire de l’exposition, Sarah Fillmore, a souligné la grande qualité des productions de ces huit artistes.

«Ce sont des artistes extraordinaires et comme ils ont déjà été nommés par des commissaires, ça vaut la peine de faire ressortir les œuvres que nous avons dans nos coffres à Halifax, mais qui ne sont peut-être pas connues à Moncton ou dans d’autres régions», a affirmé Mme Fillmore, en effectuant une tournée de l’exposition lors du vernissage mercredi.

Du coup, on est frappé par la grande variété des démarches et des œuvres proposées. Sculptures, installations, peintures et vidéos font partie de cette collection. Selon Sarah Fillmore, au-delà de cette diversité, un certain sens de l’humour semble relier les œuvres.

«Ce sont des artistes de moins de 40 ans qui travaillent actuellement, qui ont une pratique vivante et qui font partie d’un dialogue canadien. Ils ont quelque chose à dire au public», a poursuivi Sarah Fillmore, qui a voulu avec cette exposition refléter ce dialogue entre les œuvres et le public.

En sculpture, on retrouve des installations de Greg Forrest, de Colleen Wolstenholme et de Zeke Moores. Colleen Wolstenholme, une artiste versatile, a exploré avec sa sculpture l’idée de l’obsession de la société pour la pharmacologie. Elle a réalisé une immense marguerite sur le sol formée de pilules de ciment. Zeke Moores propose une installation sculpturale composée de boîtes de bronze. On a l’impression qu’elles sont légères comme du carton, mais c’est bel et bien du bronze.

«C’est un travail minutieux, soigné. En donnant aux déchets une présence un peu monumentale, en bronze, ça met en valeur les choses qu’on jette.»

Quatre tableaux de la série Histoires de Mario Doucette sont exposés. L’artiste de Moncton, qui fait beaucoup de lectures et de recherches, propose une œuvre qui réinterprète l’Histoire et remet en question ce que nous savons. Il s’attarde, entre autres, aux rapports entre les mythes et la réalité de l’histoire acadienne. Dans ses œuvres, il se dégage une certaine ironie.

«J’aime traiter l’histoire avec des anecdotes, comme dans le cas de ce tableau sur le curling qui a été amené au Canada par les soldats écossais pendant la Déportation», a mentionné le peintre dont le travail a été choisi pour faire partie d’une exposition qui fera un survol de la peinture au Canada, regroupant le travail de 50 artistes canadiens, prévue en avril 2013 à Montréal.

L’installation de Jean-Denis Boudreau, comprenant plusieurs pièces, notamment des estampes, est très amusante. Avec humour, l’artiste nous présente les instructions sur des gestes banals, quotidiens, tels que mettre ses bas ou ses caleçons.

«C’est cette série-ci qui a vraiment marqué sa carrière», a ajouté Sarah Fillmore.

L’exposition présente aussi quatre grands tableaux de Mathew Reichertz dans lesquels on voit des personnages se déplacer dans la ville de Halifax. L’exposition sera en montre à la Galerie Louise-et-Ruben-Cohen jusqu’au 9 septembre. – SM