Le CPSC à la recherche de découvertes historiques

DIEPPE – Deux nouvelles initiatives du Conseil provincial des sociétés culturelles ont reçu des appuis financiers de plus de 100 000 $ des gouvernements fédéral et provincial. Des projets de documentaires sociaux en vidéo et en photographie, ainsi que de toponymie sont mis sur pied.

En 2010, un premier projet-pilote de toponymie coordonné par la spécialiste en linguistique Suzanne Légère voyait le jour à Memramcook. Cette initiative menée par plusieurs partenaires, dont le Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC), visait à répertorier les lieux-dits afin d’éveiller la sensibilité des jeunes de la collectivité à la richesse du patrimoine de la Vallée de Memramcook. Les élèves de 5e année de l’école Abbey-Landry ont mené des enquêtes en effectuant des entrevues avec des aînés et des représentants d’organismes afin d’en connaître un peu plus sur leur région et l’histoire de différents lieux. Par la suite, les jeunes et leurs enseignants ont créé un babillard et une variété d’oeuvres contemporaines inspirées des lieux-dits qui ont été rassemblées dans une vidéo. Ce projet, qui s’intitule désormais Entourage, sera étendu à la grandeur de la province, dans les 16 régions où il y a une société culturelle ou un centre scolaire communautaire, a fait savoir, mercredi, la directrice du CPSC, Marie-Thérèse Landry. Le projet a reçu un appui financier de 20 000 $ du Groupe d’action de la Commission sur l’école francophone et de 49 900 $ du ministère du Patrimoine canadien à travers son Fonds de développement culturel. Bien qu’il manque encore une petite partie du financement, le projet peut aller de l’avant.

«Ce projet a fourni un grand trésor de découvertes et plein de données historiques, et tout ça à travers les yeux des enfants», a déclaré Marie-Thérèse Landry, devant les représentants des médias, mercredi, à Dieppe.

Selon la trésorière du CPSC, Thérèse Melanson, qui possède le gîte des Trois moulins à Memramcook, le projet de toponymie a contribué à développer le sentiment d’appartenance et de fierté chez les jeunes et à assurer une relève dans le domaine culturel de la région.

«On peut dire qu’on va célébrer notre patrimoine, mais ça peut être vague. Là, les jeunes ont vraiment appris des choses concrètes avec les entrevues qu’ils ont faites avec des voisins et leurs grands-parents. Par exemple, plusieurs personnes avaient oublié qu’il y avait trois moulins à Memramcook. Quand j’ai accordé une entrevue à un élève, il a découvert toutes sortes de choses qu’il a pu transmettre aux autres», a raconté Thérèse Melanson.

Après avoir réalisé des initiatives intergénérationnelles, le CPSC a choisi pour le troisième Vis-à-Visages, de mettre sur pied un projet interculturel entre les Acadiens et les immigrants francophones. Dix participants, trois en vidéo et sept en photographie, seront sélectionnés afin de produire des documentaires sociaux sur leur communauté en lien avec des Néo-Acadiens.

«C’est la même approche, c’est-à-dire qu’on met des gens en partenariat, mais cette fois-ci c’est un Acadien avec un immigrant francophone. On s’était rendu compte que la formule était intéressante pour parler de l’Acadie d’aujourd’hui», a expliqué Marie-Thérèse Landry.

Le projet a reçu une somme de 35 000 $ du ministère du Patrimoine canadien. Les participants qui recevront une petite bourse de participation auront droit à des ateliers de formation avec des experts comme Dolorès Breau, Anika Lirette et Joël Robichaud.

«C’est une petite action, mais ce sont 10 personnes qui peuvent faire la différence. J’ai hâte de voir les résultats», a ajouté Marie-Thérèse Landry, qui souhaite développer à long terme un corpus audiovisuel et photographique de l’Acadie de 2010 à 2014 vu par des Acadiens, des Néo-Acadiens, des autochtones, des anglophones, des jeunes et des aînés.

Ces deux initiatives viennent renforcer le développement culturel qui repose souvent sur le bénévolat.