Barachois est l’hôtesse d’une exposition internationale

GRAND-BARACHOIS – Sept artistes de l’Acadie, de la Tunisie, des États-Unis et de la France sont réunis dans une même exposition présentée à l’Église historique de Barachois à partir de lundi et jusqu’au 17 septembre.

Depuis 25 ans, le président de La Francophilie, Jean-Baptiste Sercq, s’est donné comme mission de promouvoir les arts et la culture francophone à travers le monde. Son organisme basé à Paris s’occupe de tout ce qui touche à l’art. Il a organisé environ 400 expositions qui ont été présentées à travers le monde.

Francophones’Arts, qui s’ouvre lundi à l’Église historique de Barachois, constitue la troisième exposition qu’il présente en Acadie. Jean-Baptiste Sercq raconte l’histoire de cette passion.

«Mon épouse et moi nous, collectionnions de l’art contemporain et nous nous sommes vite aperçus qu’au lieu de mettre une partie de nos avoirs dans des peintures et de les cacher, nous pouvions organiser des expositions gratuites en collaboration avec les artistes et qu’ainsi beaucoup plus de personnes verraient les œuvres. Ça ouvre la porte à des personnes qui n’ont pas nécessairement les moyens d’accéder aux musées», a déclaré Jean-Baptiste Sercq, qui vient régulièrement en Acadie depuis une trentaine d’années.

Les peintres Yvon Gallant et Jared Betts, de Moncton, Paulette Foulem, de Caraquet, et le peintre et photographe Charles Gagnon, de Shediac, qui habite maintenant à Montréal, représenteront l’Acadie dans cette exposition.

Aux côtés des Acadiens, des œuvres de la sculptrice tunisienne Besma Hlel et de la peintre américaine Janine Wesselmann, ainsi que quelques photographies de Jean-Baptiste Sercq qui pratique la photographie amateur, composeront cette exposition.

Ce sont toutes des œuvres qui n’ont jamais été montrées dans des galeries publiques jusqu’à ce jour.

Bien qu’il n’existe pas de lien entre les œuvres et que chaque artiste a une pratique qui lui est propre, il reste qu’une certaine tendance semble se dégager de l’école francophone, a fait remarquer Jean-Baptiste Sercq, s’il se fie aux critiques d’art.

Par exemple, Yvon Gallant peint le quotidien et les paysages de Moncton, tandis que Janine Wesselmann (nièce de Tom Wessel­mann dont les œuvres sont au musée d’art moderne à Montréal) illustre les terrasses et la vie qui les anime. Paulette Foulem met en lumière l’Acadie, ses couleurs, ses personnages, Jared Betts transporte le monde dans un tourbillon de couleurs plutôt surréalistes et Besma Hlel propose deux monotypes de ses sculptures intitulées Dégage, réalisées à l’occasion des soulèvements à Tunis.

Jean-Baptiste Sercq, qui a créé une banque d’oeuvres d’art francophones d’environ 500 créations, prête régulièrement ses pièces gratuitement pour des expositions. Il a exposé, entre autres, Paul Édouard Bourque, Nancy Morin, Yvon Gallant, Lionel Cormier et Élaine Amyot.

«Je pars du principe que l’art est fait pour être vu par un plus grand nombre et non pas caché dans des coffres», a indiqué celui qui depuis huit ans passe ses étés dans sa maison à Trois-Ruisseaux, près de Cap-Pelé.

Son objectif est de faire connaître l’art des pays francophones auprès de la population et d’accroître sa circulation entre les pays membres de la Francophilie.

«Quoi de mieux que de se connaître à travers la culture? On voit un tableau, un entend une musique et on se comprend sans même se parler», a ajouté Jean-Baptiste Sercq.

L’exposition occupe tout l’espace de la galerie de l’Église historique de Barachois. Le vernissage a lieu lundi de 17 h à 19 h.