Granby a été un tremplin pour plusieurs artistes acadiens

GRANBY – Granby, c’est là où Lisa LeBlanc a reçu en 2010 les grands honneurs. Au-delà du concours, le Festival international de la chanson de Granby, véritable concentré de chansons francophones, se veut une rencontre entre le public, l’industrie et les artistes dans un contexte convivial et intimiste, explique le directeur général et artistique Pierre Fortier.

Le 44e Festival de Granby qui propose plus de 85 spectacles un peu partout dans la ville bat son plein depuis déjà quelques jours. La deuxième portion de l’événement a pris son envol mercredi, avec les premières vitrines présentées aux professionnels de l’industrie du Canada et de l’Europe. Plus d’une centaine de responsables d’événements culturels, diffuseurs, producteurs et journalistes assistent au festival, dont plus de 50 en provenance de l’Europe et de l’extérieur du Québec. Pour le directeur du magazine français Sur la même longueurs d’onde, Serge Beyer, Granby est devenu un incontournable. Celui qui s’intéresse à la chanson et au rock de l’espace francophone assiste régulièrement aussi à la FrancoFête en Acadie, aux Francofolies de Montréal, au Coup de cœur francophone et au Festival acadien de Caraquet. Le magazine qui célèbre ses 30 ans a toujours accordé une place aux artistes du Canada.

«Je trouve que c’est intéressant de découvrir ce qui se fait en chanson et en rock québécois et au-delà. Le plus intéressant pour moi ici, c’est la découverte», a déclaré en entrevue Serge Beyer qui ne se soucie pas trop de savoir d’où viennent les artistes. À Granby, il a hâte de voir entre autres Lisa LeBlanc qui sera en spectacle jeudi soir.

«Je suis fan à mort depuis des années. Je l’ai vue quand elle avait 18 ans avec une guitare, toute seule. Dès le départ, j’ai su que je voulais suivre ce qu’elle faisait parce qu’elle raconte des choses qui ne caressent pas dans le sens du poil, qu’elle a une âme à la Janis Joplin ou à la Diane Dufresne ou encore parce que je l’ai baptisée Charlebois en jupon la première fois que je l’ai vue. En plus, humainement, c’est une fille très bien», a affirmé Serge Beyer.

Parmi les artistes à surveiller à Granby, Serge Beyer mentionne, entre autres, Violette Pi, Alex Nevski et Radio Radio qui est le porte-parole du festival cette année.

L’Acadie à Granby

Pour la première fois de son histoire, le Festival de Granby a choisi un porte-parole acadien, bien que le festival entretienne des liens avec l’Acadie depuis ses débuts.

«C’était à peu près temps qu’on sort du cadre québécois. La proposition de Radio Radio était très intéressante», a indiqué Pierre Fortier qui souligne que le porte-parole de l’édition 2013 pourrait bien aussi être un artiste de l’extérieur du Québec.

En 1974, Calixte Duguay remportait la finale de Granby. Par la suite, des artistes comme Marie-Jo Thério, Denis Richard, Jac Gautreau, Jean-François Breau, Marie-Philippe Bergeron, Cédric Vieno, Ronald Bourgeois et Wilfred LeBouthillier sont passés par Granby.

«C’est sûr que l’éclosion de Lisa LeBlanc a aidé beaucoup à ce que l’industrie québécoise s’intéresse aux artistes acadiens. Si un artiste acadien a une personnalité scénique forte, assumée avec de bonnes chansons, le Québec ne dira pas non au bon spectacle et à une bonne chanson et on le voit. Je pense que les artistes acadiens sont sortis du moule genre bateau de pêcheur, violon et accordéon et ils sont devenus des auteurs-compositeurs-interprètes qui ne chantent pas tout simplement l’Acadie, même si je dis que ce n’est pas une mauvaise chose, mais qui chantent beaucoup leur vie et leur réalité à eux incarnés dans l’Acadie. C’est ce qui fait une grosse différence», a exprimé Pierre Fortier.

Cette année, quelques professionnels de l’industrie musicale acadienne sont présents à Granby, notamment des représentants de la FrancoFête et de RADARTS, du Sommet de la chanson de Kedgwick, du Gala de la chanson de Caraquet et de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.