Trois artistes acadiens ont chanté leur amour de la langue française

GRANBY – Il n’est jamais trop tôt pour écrire un texte, chanter une chanson et être un artiste… Ainsi, 22 jeunes interprètes de huit provinces canadiennes ont partagé la scène du Palace, à Granby, pour chanter haut et fort leur langue française. Un spectacle acclamé par le public.

Les trois participants du Nouveau-Brunswick, Mathieu Boudreau, de Petit-Rocher, Chloé Breault, de Bertrand, et Gabrielle Sirois, de Drummond, ont adoré leur expérience. La deuxième édition du spectacle Jamais trop tôt, animée par Andréanne A. Malette de Star Académie et mise en scène par la musicienne et comédienne Isabelle Cyr, avait une envergure canadienne cette année. Ce spectacle a permis d’entendre les 24 meilleurs textes écrits par des élèves du secondaire à la grandeur du pays, mis en musique par d’anciens demi-finalistes du Festival international de la chanson de Granby, comme Cédric Vieno, Marie-Philippe Bergeron, Jean-François Breau et les Hôtesses d’Hilaire. Le spectacle a proposé plusieurs numéros collectifs touchants.

«Pour nous, c’était très important, parce que c’est unique comme expérience de rassembler 22 jeunes à travers un pays aussi vaste et grand que le Canada. La beauté de Jamais trop tôt c’est que ce n’est pas un concours. Tous les jeunes faisaient partie d’un seul spectacle alors il n’y avait pas de compétition et c’était très touchant pour Yves Marchand (directeur musical) et moi», a déclaré en entrevue Isabelle Cyr, à l’issue de la représentation.

Malgré quelques oublis de paroles parfois ayant passé presque inaperçus, les interprètes, âgés de 14 à 17 ans, ont fait preuve d’un grand professionnalisme. Le talent est là et c’est rassurant de voir qu’il existe bel et bien une relève vibrante.

«Ça m’a épaté. La force des textes m’a tellement surpris. Ces jeunes-là portent les textes de leur gang. C’est vraiment des paroles de jeunes interprétés par des jeunes», a affirmé le président du Gala de la chanson de Caraquet et vice-président du Festival acadien, Camille Thériault.

Les textes reflètent divers aspects de la réalité des adolescents. Les artistes ont travaillé pendant une semaine à la préparation de ce spectacle.

«C’était très intense et c’est une expérience extraordinaire, inoubliable, et nous avons exploré de nouvelles facettes de notre musicalité et je trouve que nous avons appris beaucoup de choses par rapport à l’expérience de faire un grand spectacle ensemble. De plus, nous sommes maintenant une famille et nous allons nous ennuyer», a confié Mathieu Boudreau, de Petit-Rocher, qui a interprété la chanson Sexy aujourd’hui, mise en musique par Stef Paquette. Mathieu Boudreau a remporté la finale du concours Accros de la chanson 2012 de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick avec son groupe Razzia. Il souligne que sans Accros de la chanson il n’aurait probablement pas participé à ce projet pan canadien. 

«Je pense que si ce n’était pas de la langue française, on ne serait pas les mêmes musiciens et les mêmes artistes», a-t-il poursuivi.
Gabrielle Sirois, qui s’est également illustrée au concours Accros de la chanson en mai dans la catégorie Interprète et au Sommet de la chanson de Kedgwick, a chanté Tranche de vie sur une musique de Marie-Philippe Bergeron. Chloé Breault, qui a été recrutée à travers l’Académie Isabelle-Thériault à Caraquet, estime qu’ils ont beaucoup évolué avec ce spectacle.

«C’est fou comme nous avons travaillé fort. Nous avons travaillé des heures et des heures sur les numéros. C’est plein d’émotion», a exprimé Chloé Breault, qui a interprété Propagande sur une musique d’Alexis Normand. Pour la plupart de ces jeunes artistes, c’était la première fois qu’on leur imposait une chanson. Un grand défi à relever.

«C’est une grande chose d’interpréter une chanson, de prendre les mots qui ont été écrits par quelqu’un d’autre et d’en faire soi. Nous leur avons dit souvent: «On veut voir qui vous êtes à travers ces mots-là», et ç’a été merveilleux, parce qu’ils l’ont fait de façon professionnelle», a ajouté Isabelle Cyr, aussi très fière de sa délégation acadienne.