André-Philippe Gagnon: souvent imité, jamais égalé

CARAQUET – Départ canon pour la Société culturelle Centr’Art, qui accueillait vendredi et samedi soir, au Carrefour de la mer de Caraquet, l’excellent humoriste et imitateur québécois André-Philippe Gagnon.

André-Philippe Gagnon offrait deux prestations scéniques devant des salles quasi pleines, vendredi et samedi, à Caraquet.

Chaudement accueilli par une foule déjà gonflée à bloc, l’humoriste n’a pas mis de temps à enchaîner les enfilades d’imitations toutes plus réussies les unes que les autres.

Partant le bal avec la «Cônemania», une pseudocomédie musicale regroupant entre autres Garou, Plume Latraverse, Fred Pellerin, le trio acadien Radio Radio, Paul McCartney et Vincent Vallières, pour ne nommer que ceux-là, André-Philippe Gagnon s’est également permis quelques critiques envers le bordel de la construction sévissant actuellement au Québec.

Du coup, avec son nouveau spectacle André-Philippe Gagnon est un réseau social, l’humoriste se montre davantage à la page en matière d’actualité, ce qui était plus ou moins le cas lors de sa prestation en 2009, à Lamèque, dans le cadre du Festival provincial de la Tourbe.

Son palmarès des 10 thèmes d’actualité à retenir, dans lequel il joignait des humoristes à des chanteurs, démontre d’ailleurs son souci plus accru d’être bien au fait de ce qui se passe dans sa province natale de même que sur la scène internationale, y ajoutant encore là un soupçon de satire sociale qui fait rire autant les plus jeunes que les moins jeunes composant son public hétéroclite à Caraquet.

Mais la plus grande force d’André-Philippe Gagnon demeure sans contredit ses imitations.

On se laisse facilement emporter par la surprise qu’il suscite en passant d’une voix complexe à l’autre en un tournemain et avec une facilité désarmante.

Il fait ainsi chanter ou parler André Sauvé et Coeur de pirate, Jean-Marc Parent, Michel Bergeron, Jean Perron – qui déclame une pléthore de «perronismes» savoureux du genre «Il ne faut pas vendre la peau de l’ours à Brigitte Bardot» ou encore «La vérité sort de la couche des enfants» -, Elvis Gratton, Stephen Harper et combien d’autres! Et ô bonheur, Michel Louvain chante encore Les Trois Accords, tout comme en 2009!

André-Philippe Gagnon pousse encore le caméléonage de ses cordes vocales jusqu’à imiter quelqu’un choisi au hasard dans le public. Vendredi soir, le sort est tombé sur Yvon Robichaud, dont l’imitateur a copié la voix avec une justesse fort abasourdissante.

Et pour terminer sa prestation, André-Philippe Gagnon fait de nouveau appel au public afin d’inviter une autre personne sur scène qui choisira au hasard des chansons à interpréter sur son «A-pod» géant.

Bref, passer une soirée en compagnie d’André-Philippe Gagnon relève du pur divertissement. On rit, on s’étonne, on en prend plein la gueule de ses imitations au rasoir et de son humour sympathique. Et on se dit que deux heures, ça file trop vite.