Une première mémorable pour Radio Radio

GRANBY – Porte-parole de la 44e édition du Festival international de la chanson de Granby (FICG), Radio Radio a charmé les festivaliers. Après un concert explosif vendredi, sous le chapiteau, le trio acadien et ses musiciens sont montés sur la scène du Palace pour la grande finale, samedi, qui a d’ailleurs couronné un rappeur montréalais, Rod le Stod.

Le festival a permis au public de faire de belles rencontres musicales très diversifiées. La finale a mis en scène six concurrents du Québec et de l’Ontario, aux horizons musicaux différents et inventifs, en plus des musiciens invités Radio Radio et de la chanteuse française Chloé Lacan.

Consacré lauréat du 44e FICG, le rappeur Rod le Stod, qui propose un rap engagé, politique et poétique, défend la langue française avec ardeur. Le jury était composé d’une centaine de professionnels de l’industrie musicale et de journalistes canadiens et européens.

Pendant la compilation des votes, Radio Radio a offert quelques chansons qui ont été applaudies chaleureusement par le public. Le groupe porte-parole du FICG qui a récolté deux nominations à l’ADISQ, dont celle de groupe de l’année, a accordé près de 30 entrevues à des médias au cours de la dernière semaine.

«Nous sommes très contents. C’est cool surtout d’être en nomination comme groupe de l’année», a affirmé Gabriel Malenfant, soulignant que le hip-hop se veut une musique ouverte aux diverses influences musicales. C’est du moins ce que propose Radio Radio.

Le trio acadien, qui est accompagné de trois musiciens, mariant ainsi les instruments plus traditionnels et les échantillonnages électroniques, a offert une prestation qui a littéralement conquis la foule vendredi.

L’Acadie Nouvelle a rencontré le sympathique trio quelques minutes avant son spectacle dans une roulotte en coulisses qui fourmillait d’activités. Avant de monter sur scène, Alexandre Bilodeau joue au basketball, tandis que Gabriel Malenfant fait ses étirements et que Jacques Doucet se retire pour apprécier un moment de solitude.

Pour ces trois artistes, Granby est un festival important, même s’ils y sont pour la toute première fois.

«Souvent, quand on pense à Granby, c’est un peu comme à Caraquet, c’est-à-dire la chanson et la guitare de style chansonnier, tandis que nous sommes un groupe et que c’est la première fois que ce n’est pas un Québécois qui est porte-parole. Ça montre qu’il y a différentes façons de faire son chemin et que plusieurs Acadiens et francophones de l’extérieur du Québec sont passés par Granby pour faire leur carrière», déclare Jacques Doucet.

Les trois rappeurs arrivent tout juste de la Nouvelle-Écosse où ils ont travaillé pendant une semaine à la création d’un nouvel album. Gabriel Malenfant explique qu’ils ont besoin de s’arrêter de temps en temps pour se retrouver dans un chalet, un peu en retrait, afin de créer.

«On serait prêts à lancer un nouveau disque demain», mentionne Gabriel Malenfant. Mais il faudra encore attendre un certain temps avant la sortie de leur prochain opus. Il faut dire que l’album Havre de grâce a paru au printemps.

Quand on leur demande s’ils aiment toujours autant leur vie d’artistes, ils répondent dans l’affirmative sans hésiter. Ils adorent voyager, bien manger et faire de la musique ensemble.

«Je me dis au moins une fois par jour que j’ai le meilleur job au monde. Je ne peux pas m’imaginer faire “anything else”. Même les emplois les plus intéressants sont moins cool que ce que je suis en train de faire en ce moment», ajoute Gabriel Malenfant.