La réalité acadienne est bien vivante au Québec

MONCTON –  Qu’ont en commun Maurice Richard, Louis Cyr, Gabrielle Roy, Yves Thériault, Anne Hébert, Bernard Landry, Fred Pellerin et Geneviève Bujold? Ils ont tous des origines acadiennes. Le nouveau documentaire de Phil Comeau, Les Acadiens du Québec, permet de constater qu’il existe une réalité acadienne bien vivante au Québec, et ce, depuis la Déportation. 

Le premier de deux documentaires sur les Acadiens du Québec, qui s’intitule Le Grand Arrangement, a été présenté en avant-première à la salle Jacqueline-Bouchard, à Moncton, mardi. Au moins 200 personnes ont assisté à cette projection saluée par une ovation du public. Ce documentaire, signé par le réalisateur Phil Comeau et la scénariste-productrice Monique LeBlanc (CinImage Productions), propose un portrait sensible et bien documenté des Acadiens au Québec. On estime que plus de trois millions de Québécois ont au moins un descendant acadien dans leur généalogie.

Monique LeBlanc et Phil Comeau souhaitent que ce documentaire puisse permettre de bâtir des ponts entre le Québec et l’Acadie de l’Atlantique. Finalement, il n’y a pas tant de différence entre les deux peuples qui ont plusieurs liens de parenté et un héritage commun, apprend-on dans le film. Phil Comeau et son équipe ont parcouru plusieurs régions du Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Massachusetts en compagnie du conteur et chanteur Fred Pellerin, de Saint-Élie-de-Caxton, en Mauricie, où se sont établies des familles acadiennes.

«Il n’y a pas juste des Acadiens à Montréal qui sont là depuis quelques générations. Dans la plupart des régions où nous sommes allés, les gens me disaient: «Enfin on parle de nous». Ils sont là depuis plusieurs générations et ils se disent encore Acadiens, c’est phénoménal», a déclaré Phil Comeau lorsqu’il a présenté son film.

Fred Pellerin raconte qu’il a appris récemment qu’il avait des origines acadiennes. Il part donc à la découverte de ses origines au Lieu historique national de Port-Royal, d’où a été déporté son ancêtre jusqu’au Massachusetts. Phil Comeau a suivi le conteur dans son périple émouvant. Par la suite, il visite des régions acadiennes du Québec, notamment Bonaventure, Natashquan et Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord, les Îles-de-la-Madeleine, Saint-Jean-Port-Joli et Saguenay. Le cinéaste a également rencontré des historiens comme Maurice Basque qui font certains rappels historiques très révélateurs de cette réalité. Monique LeBlanc souligne que c’est lorsqu’elle a appris qu’il y avait des Acadiens au Québec depuis 1755 qu’elle a eu envie d’écrire et de produire ce film. Les recherches se sont étendues sur deux années.

«Il y a un moyen paquet de parenté au Québec, et puis ce n’est pas de la parenté qui est débarquée en 1949 pour travailler dans une usine. Ce sont de gens qui sont là depuis longtemps. On aurait pu faire au moins quatre ou cinq heures de film», a-t-elle mentionné.

Le film a été présenté à quatre reprises au Québec et chaque fois les gens ont été très émus, confient Phil Comeau et Monique LeBlanc. Extrêmement bien réalisé, le film nous permet d’entendre aussi des chansons de Fred Pellerin, de Guillaume Arsenault, de la Gaspésie, et de Claude Cormier, des Îles-de-la-Madeleine. Les deux documentaires seront diffusés à Radio-Canada Acadie les dimanches 23 et 30 septembre à 19 h 30. Ils seront également présentés au réseau national de Radio-Canada en décembre, ce qui réjouit Monique LeBlanc.

«Ce n’est quand même pas rien parce qu’il y a très peu de nos productions qui passent au réseau national. C’est sûr que c’est important pour les Acadiens des Maritimes de se rendre compte de cette réalité, mais c’est important aussi que les Québécois puissent voir ce film-ci», a-t-elle ajouté.

Dans le deuxième épisode, Philippe Jetté prend la relève en guidant le cinéaste à travers la Nouvelle-Acadie dans la région de Lanaudière.