À la découverte de lieux inaccessibles à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen

MONCTON – Une toute nouvelle exposition, présentée à la Galerie d’art Louise-et- Reuben-Cohen à Moncton, propose de faire découvrir des lieux inaccessibles du monde naturel par le travail de trois artistes du Canada et de la France.

Lieux inusités, qui est en montre à compter de mercredi, regroupe des installations sonores, visuelles et interactives réalisées par Magali Babin, de Montréal, Scott Rogers, un Albertain vivant en Écosse, et le duo d’artistes lyonnais Scenocosme. Les trois œuvres, qui marient environnement naturel et nouvelles technologies, permettront au public d’expérimenter la nature par le toucher, le visuel et l’ouïe. L’artiste sonore Magali Babin, qui montre son travail pour la première fois à Moncton, présente des pièces audios réalisées à partir d’enregistrements captés dans les profondeurs du fleuve Saint-Laurent.

«J’ai fait huit escales sonores dans différents ports et quais, de Montréal au parc Forillon, et j’ai capté les sons avec des hydrophones, c’est-à-dire des micros qui vont sous l’eau», a indiqué Magali Babin en entrevue, pendant le montage de l’exposition. Des postes d’écoute sont installés dans la petite salle de la galerie afin d’écouter l’oeuvre de Magali Babin, qui a voulu ainsi explorer l’environnement intérieur du fleuve.

«Le fleuve, c’est comme une valeur territoriale, quelque chose qui fait partie de notre identité en tant que Québécois et de tous les gens qui vivent sur le bord du fleuve. J’ai commencé mes captations à Montréal, où le fleuve est une eau plus de rivière dans sa composition, jusqu’à la fin, où c’est plus la mer, puisque l’eau est salée et il y a des marées», a poursuivi Magali Babin.

Scott Rogers a quant à lui exploré une pelouse. Il a filmé de très près le gazon, en plaçant sa caméra à ras le sol, un peu dans la perspective d’un insecte.

«Ç’a été filmé sur un gazon d’une banlieue de Calgary. La caméra est à l’intérieur du gazon et c’est projeté très large (8 pieds de haut sur 12 pieds de large). On a le sentiment un peu d’être dans une forêt tropicale», a expliqué Scott Rogers, qui a déjà présenté des expositions à la Galerie Sans Nom à Moncton et à Sackville. Sa pratique est variée, mais il s’intéresse tout particulièrement à la relation entre la science, l’art et la perception humaine. Comme dans le cas de Magali Babin, il propose au public une nouvelle perspective des lieux naturels plutôt inhabituelle.

Le couple d’artistes Scenocosme a créé une installation interactive qui met en valeur la sensibilité des plantes. Elle est composée d’un petit jardin de plantes suspendues avec de longues feuilles. Le spectateur est invité à toucher et à caresser les plantes. Chaque fois qu’il le fait, les plantes se mettent à chanter. Anaïs met den Ancxt du duo Scenocosme souligne que le duo crée régulièrement des œuvres qui sont des expériences sensorielles interrogeant la relation entre l’être humain et son environnement.

«Dans cette installation, chaque plante a une voix, un caractère et une personnalité particulière qui nous portent à interagir avec elle peut-être différemment», a ajouté l’artiste.

Cette exposition est présentée dans le cadre du Symposium d’art/nature du 28 septembre au 7 octobre, qui a lieu au Parc écologique de l’Université de Moncton. Le vernissage de Lieux inusités se tient le mercredi 26 septembre, à 17 h, à la Galerie d’art Louise-et- Reuben-Cohen et l’exposition sera en montre jusqu’au 4 novembre.