L’industrie musicale du N.-B. est sur la bonne voie

MONCTON – Plusieurs lauréats des prix Musique NB ont souligné l’importance de continuer à vivre et à produire dans la province afin de bâtir une véritable industrie musicale au Nouveau-Brunswick.

Reparti du gala avec trois récompenses, l’auteur-compositeur-interprète Kevin McIntyre a souligné qu’il tenait à oeuvrer au Nouveau-Brunswick.

«C’est absolument important, surtout pour moi, parce que je ne m’exporte pas beaucoup, alors j’ai besoin que l’industrie musicale au Nouveau-Brunswick soit en pleine santé pour pouvoir continuer à produire et même penser que je peux exister comme artiste», a déclaré en entrevue Kevin McIntyre.

Au dire de plusieurs, la Semaine Musique NB a réussi à démontrer que l’industrie musicale, bien qu’embryonnaire, est sur la bonne voie et qu’il est possible de faire carrière dans la province. Un musicien qui veut créer, réaliser et produire ses albums dans la province peut le faire.

«On commence à comprendre la machine et à dire qu’il n’est pas nécessaire de s’en aller à Montréal. Il n’y a que du positif qui s’en vient», a poursuivi Kevin McIntyre, qui se sent privilégié d’avoir obtenu ces reconnaissances dimanche pour sa musique. Un travail qui lui tient à cœur, a mentionné le chanteur qui considère que cette remise de prix et cette semaine prouvent que cette industrie est bien vivante.

Deux fois récompensée, la violoniste Dominique Dupuis abonde dans le même sens que son collègue. Celle qui fait des tournées depuis l’âge de 12 ans tient à vivre et à faire de la musique dans sa province, même si parfois on a l’impression qu’elle est presque plus populaire à l’extérieur que chez elle. Elle remarque que de plus en plus de musiciens arrivent à
faire carrière au Nouveau-Brunswick. Dominique Dupuis a réalisé entièrement son dernier album au Nouveau-Brunswick.

«C’est vraiment important de voir comment l’association est en train de faire revivre une industrie musicale qui jusqu’il y a quelques années était peu présente ici au Nouveau-Brunswick. Il y a une belle collaboration entre les artistes. C’est important de garder notre talent ici et nous avons certainement toutes les ressources nécessaires ici. Ça donne l’espoir que tout est possible», a affirmé la violoniste âgée de 25 ans, très émue par cette belle reconnaissance.

Tout juste de retour d’Europe, le groupe Les Hôtesses d’Hilaire, couronné à la fois du prix du public et de l’Artiste en émergence, fournit certainement un autre bel exemple de ce qu’il est possible de réaliser dans la province.

«C’est sûr qu’il y a des temps un peu plus difficiles, mais si tout le monde partait, ce serait plus possible. Il faut absolument conserver l’industrie de la musique chez soi», a exprimé un des membres du groupe, Michel Vienneau.

D’après les lauréats, la Semaine Musique NB démontre justement qu’il y a de la place tant pour les artistes francophones qu’anglophones. C’est un petit réseau et les artistes s’entraident, soutiennent-ils. Tous s’entendent pour dire qu’il est important d’abolir les barrières des langues. Le gala de Musique NB est probablement le seul au Canada où on retrouve un aussi grand mélange d’artistes anglophones et francophones sur les mêmes scènes.

Un jury pour la musique classique

MONCTON – Le professeur et luthiste Michel Cardin, membre du duo baroque La Tour, suggère à Musique NB de mettre en place un jury spécialisé pour la musique classique. Ce jury, un peu à l’image des prix Opus, serait composé exclusivement de musiciens classiques professionnels, dont une majorité de l’extérieur de la province. Actuellement, tous les prix sont déterminés par les votes des membres (50 %), d’un jury (25 %) et du public (25 %).

«Ça devrait être à 100 % déterminé par un jury de musiciens classiques qui donnerait des points pour la qualité du produit», a avancé Michel Cardin, qui était en nomination pour trois prix de Musique NB, mais qui est reparti les mains vides. Sans vouloir dénigrer le travail qui se fait actuellement à Musique NB, le luthiste estime qu’il y a des changements qui s’imposent en ce qui concerne les prix en musique classique, surtout quand on pense que la lauréate de la catégorie Artiste classique, c’est-à-dire la violoniste Katherine Moller, n’est pas vraiment une musicienne classique, mais plutôt celtique.

«Pour la musique populaire, c’est une autre histoire, il y a une dimension de popularité, mais en musique classique, qui par définition est spécialisée, ça ne peut pas être populaire comme ce qui est du domaine plus du divertissement et qu’on entend sur les radios. C’est spécialisé, alors pourquoi pas un jury spécialisé», a ajouté Michel Cardin.- SM