La première incursion d’un pianiste acadien dans l’univers littéraire

DIEPPE – La mobilité, les voyages et l’errance ont beaucoup inspiré Pierre-André Doucet, qui a publié son premier recueil de récits, Sorta comme si on était déjà là, aux Éditions Prise de parole.

Cette première incursion du pianiste acadien de Moncton dans l’univers littéraire s’avère plutôt réussie. Dans son recueil, il publie de courts récits sur des personnages masculins qui sont souvent en transit, au milieu de paysages montréalais et acadiens. La solitude, l’errance et les relations humaines et amoureuses sont à l’avant-plan. Dans le premier récit, Kilométrage, récompensé du prix Antonine-Maillet-Acadie Vie, volet jeunesse Richelieu (2009), le personnage effectue un voyage de Montréal à la Nouvelle-Écosse.

«Notre génération est l’une des plus mobiles qui n’a jamais vu la face de la terre. C’est facile pour nous de prendre un avion et d’aller «couch surfer» chez quelqu’un et de faire des expériences de voyage pas chères, ou encore de s’en aller pour étudier et travailler ailleurs», a déclaré en entrevue Pierre-André Doucet, qui a lancé son recueil au Salon du livre de Dieppe en octobre.

L’artiste baigne dans cette mobilité. À Montréal, où il fait son doctorat en piano, il a des centaines d’amis acadiens établis maintenant dans la métropole. Quand il voyage, il lui arrive rarement de débarquer dans une ville où il ne connaît personne. C’est un peu toutes ces rencontres et ces déplacements qui l’ont grandement inspiré dans l’écriture des textes de ce recueil. Si Pierre-André Doucet écrit sur son environnement, il reste que les récits ne sont pas autobiographiques.

«On écrit ce qu’on connaît, ça fait que c’est certain qu’il y a beaucoup de mon environnement qui se retrouve dans mes textes, mais sans que ce soit autobiographique. Le fil conducteur du livre, c’est cette notion de trajet, de distance et d’exil. Ça reflète un peu mes états d’âme, ce concept de jamais vraiment être à un endroit pleinement et d’être vraiment centré», a expliqué l’auteur qui voyage lui-même pas mal.
Au cours des derniers mois, il s’est promené à Moncton, aux États-Unis et maintenant il est à Yellowknife.

Pierre-André Doucet écrit depuis l’adolescence en publiant entre autres des chroniques dans les journaux. Il écrit de la fiction depuis quelques années. Ses mots sont rythmés par la musique.

«À la base, je suis quand même pianiste d’abord et avant tout. Il y a très peu de moments où il n’y a pas une tourne qui me joue dans la tête, sur mon iPod ou sur mon ordinateur. Mes références sont très musicales, c’est la forme artistique que je connais le plus. Ça influence mon style d’écriture aussi. Plusieurs textes ont des formes plus ou moins musicales», a ajouté Pierre-André Doucet, qui travaille à deux ou trois autres projets d’écriture qui, espère-t-il, mèneront à une publication.
Il écrit aussi un livret d’opéra pour un ami compositeur. Pierre-André Doucet est aussi le codirecteur artistique, avec Julien LeBlanc, de l’Été musical de l’Église historique de Grand-Barachois.