France Daigle remporte le Prix du Gouverneur général

DIEPPE – L’auteure France Daigle remporte le prestigieux Prix littéraire du Gouverneur général 2012 pour son roman Pour sûr.

Les grands livres de 2012 sont désormais connus.

Le Conseil des arts du Canada a dévoilé mardi les 14 lauréats des Prix littéraires du Gouverneur général. Après avoir été couronnée du prix Antonine-Mallet Acadie Vie pour la qualité littéraire de Pour sûr, la romancière de Moncton se voit remettre un premier Prix littéraire du Gouverneur général du Canada pour cette œuvre qualifiée de magistrale par le jury.

«C’est excitant. Me semblait que c’était quand même assez imposant comme livre d’une certaine façon, si on regarde ce que ça représente en matière d’écriture. Je trouvais qu’il le méritait, tout ça dit bien humblement. C’est un livre qui a beaucoup de composantes au niveau de la création et de l’écriture», a déclaré l’écrivaine aussi chroniqueuse à l’Acadie Nouvelle.

Beau et grand projet, Pour sûr, publié aux Éditions du Boréal, est une œuvre magistrale qui éblouit. Roman cube, il permet de multiples digressions autour de la langue française et de ses variations. Le chiac, personnage central de ce roman monumental, nous ouvre une porte essentielle sur la compréhension de l’identité acadienne, ont commenté les membres du jury dans leur présentation.

France Daigle a travaillé à l’écriture de ce roman pendant 10 ans.
«Honnêtement, c’est comme si j’avais mis le sunday sur la cerise et que tous les romans d’avant étaient des études ou des exercices. Quelque part, c’est comme une symphonie à côté d’études et de petits concertos», a mentionné l’auteure de ce roman conçu tel un labyrinthe et qui comprend une somme encyclopédique d’informations.

Au cœur de cet ouvrage audacieux, il y a l’histoire de personnages attachants, Terry et Carmen et leurs enfants qui vivent à Moncton.

Avec la polémique actuelle au Québec autour du français, l’auteure acadienne qui s’amuse avec la langue avec aisance souligne que la langue est un terrain de jeu incroyable. Elle rappelle qu’il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu quand il est question de langue.

«Le mélange du français et de l’anglais c’est pas étonnant, au Québec non plus, on est entouré d’anglais. Avec les nouvelles technologies, tout est appelé à changer, alors l’utilisation de la langue change aussi. Dans tous les pays, il y a ce phénomène de bâtardisation ou de métissage des langues. Parallèlement, nous avons beaucoup plus d’outils à notre disposition pour garder nos langues. Y a pas si longtemps que ça, des livres en Acadie ça ne courait pas les rues, tandis qu’aujourd’hui nous avons plus d’outils pour nous informer de comment les choses doivent se faire, alors il ne faut pas croire qu’on va automatiquement disparaître ou s’en aller», a expliqué l’auteure qui accueille fièrement ce prix.

«Ça veut dire qu’on n’est pas une cause désespérée», a-t-elle lancé en rappelant l’importance d’être conscient et responsable à l’égard de la langue.

Le prix littéraire est accompagné d’une somme non négligeable de 25 000 $. Celle qui dépeint le quotidien des gens du sud-est du Nouveau-Brunswick avec sensibilité, humour et finesse se sent encouragée à continuer dans cette voie.

«C’est sûr que c’est bien, surtout que dans ce cas-ci c’est un livre un peu particulier. Ça veut dire qu’on est ouvert à de la nouveauté et un peu d’audace. C’est intéressant pour les créateurs», a ajouté France Daigle qui a quelques projets d’écriture en chantier.

La Société nationale de l’Acadie (SNA) a salué fièrement le prix qu’a reçu France Daigle.

«L’Acadie est fière de voir ce prix prestigieux être décerné à l’une de ses plus grandes auteures. France Daigle a toujours su faire rayonner l’Acadie à travers ses œuvres et il est le cas dans son roman Pour sûr qui porte beaucoup sur l’identité acadienne», a affirmé le président de la SNA, René Légère.