Un FICFA sous le signe de la variété prend son envol jeudi

DIEPPE – Invitation à un voyage cinématographique à travers une quinzaine de pays de la Francophonie, le 26e Festival international du cinéma francophone, qui prend son envol jeudi sur les images du documentaire de Phil Comeau, Frédéric Back : grandeur nature, propose environ 150 œuvres d’ici au 23 novembre.

Avec plus de 80 films à l’affiche du Théâtre Empire à Dieppe et des dizaines d’œuvres présentées dans le cadre du volet arts médiatiques, le 26e FICFA se veut varié. Selon la directrice générale du FICFA, Marie-Renée Duguay, il y a des films pour tous les goûts, allant du documentaire d’auteur au long métrage de fiction, en passant par le cinéma d’animation et les œuvres expérimentales. Près de 15 films sont signés par des réalisateurs acadiens. La soirée d’ouverture, qui a lieu au Théâtre Capitol, propose en plus du documentaire de Phil Comeau, un court métrage d’animation étonnant de Patrick Bouchard, Bydlo.

Les préparatifs vont bien en vue du grand rendez-vous du septième art francophone, qui nécessite l’engagement d’environ 80 bénévoles. Parmi les incontournables, ne serait-ce qu’en raison de la réputation des réalisateurs, Holy Motors de Leos Carax, De rouille et d’os de Jacques Audiard et Amour de Michael Haneke, qui met en vedette Jean-Louis Trintignant.

«Par exemple, Amour est un chef-d’oeuvre. Michael Haneke est un cinéaste vraiment complet et accompli. Il a une telle maîtrise de l’image et du sujet, et c’est avec Jean-Louis Trintignant, qui est un acteur magistral», a déclaré Marie-Renée Duguay, qui encourage aussi les festivaliers à courir des risques.

«Ce que je trouve intéressant aussi dans un festival, c’est de prendre des chances, d’aller voir des choses que je n’aurais pas la chance d’aller voir habituellement. Il y a beaucoup de films qui sont de bonnes portes d’entrée au cinéma d’auteur, comme À perdre la raison de Joachim Lafosse ou L’enfant d’en haut d’Ursula Meier», a-t-elle poursuivi.

Au fil des années, le FICFA a suivi certains réalisateurs en présentant la plupart de leurs films. C’est le cas, entre autres, de Bernard Émond, qui présente Tout ce que tu possèdes de Rodrigue Jean, qui arrive avec son plus récent projet, Épopée-L’État du moment, et de Denis Côté, qui revient cette année avec Bestiaire, un documentaire d’auteur plutôt déstabilisant. Pour la première fois, Denis Côté sera présent au festival. Grande admiratrice du travail de Denis Côté, Marie-Renée Duguay qualifie ce cinéaste d’extraordinaire.

«J’adore son travail, la capacité qu’il a de prendre des risques. C’est quelqu’un qui a une grande maîtrise de l’image et une culture cinématographique incroyable. Chaque fois que je vais voir un film de Denis Côté, je suis bouleversée, soit par la façon de présenter des images ou la thématique. C’est sûr que ce sont des films exigeants, déstabilisants, pas faciles d’accès, quoique si on accepte d’entrer dans un film de Denis Côté en se disant: je ne vais pas me faire raconter une histoire de façon traditionnelle et qu’on laisse les images nous parler, tous ces films sont bouleversants.»

Le FICFA accueille cette année une cinquantaine d’invités, dont plusieurs réalisateurs du Québec, de l’Acadie et quelques-uns de la France et de la Belgique. Le FICFA contribue aussi à des tournages, puisque, pendant toute la durée du festival, Jean-Michel Vienneau sera à la tête d’une équipe de l’Acadie et du Québec, afin de réaliser un film improvisé qui sera présenté en clôture du festival.

Enfin, deux activités s’ajoutent à la programmation du FICFA, soit une rétrospective des œuvres de la réalisatrice acadienne Louise Bourque et la projection du nouveau documentaire d’Hugo Latulippe, Alphée des étoiles.