Raymonde Fortin: brouillard et souvenirs

MONCTON – Raymonde Fortin présente Paysage incertain; une installation d’oeuvres inspirée par le brouillard et le fleuve qui invite à la rêverie.

Composée de 17 tableaux, son installation, conçue un peu comme une ligne d’horizon, sera en montre à compter du 30 novembre à la Galerie 12, à Moncton. L’Acadie Nouvelle a rencontré l’artiste pendant qu’elle travaillait au montage de son exposition. Une histoire de brouillard, de suspension, de fleuve et de souvenirs est à l’origine de cette toute nouvelle installation qui témoigne d’une belle évolution chez cette créatrice qui ne cesse de se réinventer.

«Au mois de septembre, il y a eu un beau brouillard chaud à Moncton que j’ai observé avec mon œil d’artiste. J’ai vécu l’expérience d’être un peu hors du temps. C’est de là que je suis partie. Par la suite, je suis allée à Rimouski où je suis un cours sur l’étude de la pratique artistique et j’avais le fleuve devant moi. Ç’a été mon élément déclencheur», a expliqué Raymonde Fortin, qui a réalisé ses œuvres cet automne dans son atelier au Centre culturel Aberdeen.

Celle-ci a choisi de créer des œuvres qui se situent entre le réel, le souvenir et le rêve. Ce paysage, bien que fictif, nous rappelle l’environnement maritime aux teintes de bleu, de blanc, de gris, de crème, d’ocre, de terre. Cette démarche vers l’installation pour Raymonde Fortin a commencé en quelque sorte avec ses cubes qu’elle avait exposés au Centre des arts et de la culture de Dieppe en 2011. Elle a le sentiment aussi qu’il y a une maturité qui s’installe dans son travail.

«Le mot installation devient important de plus en plus pour moi, c’est un peu le lien entre la sculpture et la peinture. Ça fait longtemps que je cherche ça. En utilisant l’espace, ça utilise les notions que j’ai apprises en sculpture», a souligné Raymonde Fortin, qui a déjà réalisé des sculptures.

Sa dernière exposition à la Galerie 12 avait été présentée il y a deux ans. Elle aime bien cette galerie parce qu’elle lui sert un peu de laboratoire.

«Quand on crée des œuvres, on a l’idée de l’espace de la galerie et on n’est pas commis à l’avance. Je peux faire ce que je veux et laisser progresser le projet», a-t-elle poursuivi.

Sa collection d’oeuvres est installée de façon linaire et séquentielle, comme une ligne d’horizon, afin d’exprimer un paysage, c’est-à-dire un fleuve dans tous ses états, relié aux souvenirs de l’artiste originaire de la Gaspésie. Elle utilise plusieurs voies. Il y a même un tableau sur lequel elle a écrit un texte.

«Dans mon paysage d’enfance, le fleuve est une ligne d’horizon avec une impression de montagne en arrière et la berge en avant. Le brouillard est relié aux Maritimes», a ajouté Raymonde Fortin, qui s’est donné beaucoup de liberté dans la création de ses œuvres qui ressemblent à des études ou des improvisations.

Le vernissage a lieu à la Galerie 12 le vendredi 30 novembre, à 18 h, et l’installation sera en montre jusqu’au 21 décembre.