Une histoire de meurtre, de passion, de terrorisme et de trahison

MONCTON – Avec pour toile de fond la guerre contre le terrorisme, la pièce II (deux) met en scène un homme et une femme qui passent aux aveux. Mercier, un policier blanc, canadien, a tué son épouse Maha, une jeune médecin musulmane qui dévoile peu à peu son secret.

Histoire de meurtre, de passion, de terrorisme et de trahison. Acclamée par le public au théâtre l’Escaouette à Moncton, la pièce II (deux) de Mansel Robinson a été présentée également au Centre culturel de Caraquet.

Dans une mise en scène de Geneviève Pineault, cette œuvre traduite par Jean-Marc Dalpé qui joue Mercier est en quelque sorte un huis clos où on assiste à deux confessions en parallèle qui se déroule à des temps différents. L’action se déroule dans une sorte de cellule entourée à moitié de grillages. Mercier se trouve dans une salle d’interrogatoire devant des policiers où il avoue qu’il a tué sa femme, Maha (Elkahna Talbi).

Séduit d’abord par «le rythme berbère de ses hanches tunisiennes», Mercier a le sentiment que son épouse lui cache quelque chose de grave. Peu à peu, il raconte comment il est devenu de plus en plus suspicieux à l’égard de sa jeune épouse qu’il soupçonne d’être une terroriste. Mais l’est-elle vraiment? En fait, Maha, cette femme intelligente qui a le mal du pays et qui voyage beaucoup en raison de sa boutique d’artisanat, a peut-être un autre secret qu’elle n’ose pas avouer à son mari.

C’est ce qu’on apprend tout au long de cette pièce construite autour de témoignages croisés où les deux protagonistes confient leurs peurs et leur vision de cette histoire. En vérité, leur mariage a été un échec, soutient Maha. Dans la pièce, Mercier et Maha ne se parlent presque jamais, sauf à quelques reprises où il y a des retours dans le passé. Ils revivent entre autres leur première rencontre, leur confrontation où Mercier veut en apprendre davantage sur les véritables motivations des voyages de son épouse.

Interprétée avec conviction par Jean-Marc Dalpé et Elkahna Talbi, cette œuvre percutante dissèque les mécanismes de la peur de l’autre, de la différence, du racisme et de ses impacts. Mercier qui est pourtant à première vue, un homme bon même un peu de gauche, devient de plus en plus obsédé par le doute et le terrorisme. Il est convaincu d’avoir posé le bon geste, allant même jusqu’à assassiner son épouse qu’il aimait.

Certains diront peut-être que le texte est exagéré, que le climat de suspicion à l’égard du terrorisme n’est pas aussi fort au Canada, mais il reste que le racisme et la peur de l’autre peuvent parfois s’installer de façon très insidieuse. D’ailleurs, la pièce commence par une histoire racontée par Maha qui se déroule dans un aéroport, inspirée d’une anecdote vécue par l’auteur.

Cette coproduction franco-ontarienne du théâtre de la Vieille 17 et du Théâtre du Nouvel-Ontario a été présentée en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.