Le projet Entourage fait revivre l’histoire de l’Acadie

MONCTON – Le projet de toponymie Entourage du Conseil provincial des sociétés culturelles va bon train. Démarrée l’année dernière à Memramcook, cette initiative, qui suscite beaucoup d’enthousiasme, s’étend maintenant à neuf établissements scolaires de la province.

Financé en partie par les gouvernements fédéral, provincial et le Groupe d’action de la Commission sur l’école francophone, le projet Entourage a nécessité un investissement de plus de 80 000 $. Il allie école, culture et communauté. En plus de la coordonnatrice provinciale du projet, Suzanne Léger, trois agents de projet ont été embauchés afin de travailler en collaboration avec les écoles et les collectivités. Le projet est mené par les classes de 5e année. Il vise à valoriser le patrimoine culturel des communautés et à tisser des liens intergénérationnels par la collecte d’informations sur les lieux-dits des régions acadiennes. Comme à l’école Abbey-Landry à Memramcook l’année dernière, les élèves, guidés par les enseignants et les agents de projets, mènent des enquêtes sur les lieux non répertoriés de leur région.

«Dans un premier temps, on forme les élèves pour faire des enquêtes ethnologiques, sous forme d’entrevues. Ils ont des questionnaires que nous avons préparés pour eux, une carte géographique, un guide d’entrevue et, ensuite, ils choisissent un aîné pour faire l’entrevue. S’ils n’ont pas quelqu’un, nous leur fournissons une liste de nos divers partenariats et relations avec les organismes communautaires», a expliqué Suzanne Légère.

Dans un deuxième temps, les jeunes créent une oeuvre inspirée du lieu-dit et de l’entrevue qu’ils ont réalisée.

«Par exemple, un élève pourrait choisir la butte des étoiles qui existe à Grande-Digue et peut-être s’inspirer de l’histoire que l’aîné aura partagée avec lui pour faire soit une chanson, une sculpture, un conte, une maquette, peut-être même un tricot, un sketch ou autre chose», a poursuivi Suzanne Légère.

En mars, les jeunes présenteront leurs œuvres et le fruit de leur recherche à la communauté. Ce projet contribue aussi à construire un répertoire des lieux-dits. Les résultats des recherches seront déposés au Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson, qui leur donne également accès à de la documentation sur la toponymie pour effectuer leurs recherches.

«Quand le Conseil provincial des sociétés culturelles nous a approchés, ç’a été un oui enthousiaste puisque ce projet apporte une dimension nouvelle au Centre d’études acadiennes. Le volet toponymie, nous en avons un peu moins», a affirmé le directeur du Centre d’études acadiennes, Alain Roberge.

Jusqu’à ce jour, le projet avance bien, ont fait savoir les agents qui s’attendent à des résultats très riches. Le projet Entourage est en cours dans des écoles du sud-est de la province, de la Péninsule acadienne, du Madawaska et du Restigouche.

«Le fait d’avoir une envergure provinciale nous aide énormément, parce qu’on a vraiment une multiplicité d’idées et d’exemples que les enseignants et les agents donnent. Il sont en mesure de nous offrir une grande diversité et ils enrichissent énormément le projet», a exprimé Suzanne Léger.

La directrice du Conseil provincial des sociétés culturelles, Marie-Thérèse Landry, a fait savoir que 13 écoles avaient démontré de l’intérêt pour ce projet au départ, mais ils ont dû en sélectionner neuf.

«Je pense qu’on pourrait reconduire une autre mission l’année prochaine», a ajouté Marie-Thérèse Landry.