Première exposition de dessins: Amélie Archer a triomphé de l’adversité

DIEPPE – Qui a dit qu’un handicap pouvait empêcher une personne de réaliser ses rêves? Certainement pas Amélie Archer, une jeune femme atteinte de paralysie cérébrale qui présente sa toute première exposition de dessins, Les couleurs de la nature, au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick – Campus de Dieppe.

«Quand on veut, on peut», voilà la devise de la jeune femme âgée de 21 ans originaire de Shippagan qui fréquente le Collège communautaire du N.-B. – Campus de Dieppe. À sa naissance, dû à un manque d’oxygène, Amélie Archer a été atteinte de paralysie cérébrale. Celle qui se déplace en fauteuil roulant n’a pas pour autant renoncé à ses rêves et, malgré son handicap, elle mène une vie active. Elle a étudié à l’école Marie-Esther, où elle a obtenu son diplôme d’études secondaires, pour ensuite poursuivre sa formation au CCNB. À l’école, elle a, entre autres, fait du théâtre, écrit un livre pour enfants et participé à un concours de talent. Depuis 2010, elle donne des conférences sur son cheminement et l’accessibilité des lieux pour les personnes ayant un handicap. Pour la première fois, elle expose ses dessins. Les responsables du CCNB ont décidé d’organiser un vernissage afin de souligner la Journée internationale des personnes handicapées. La responsable des Services de coordination à l’inclusion, Marie-Lyne Bastille, raconte qu’elle a rencontré Amélie Archer l’année dernière. Elle l’avait invitée à donner une conférence dans le cadre d’une journée de sensibilisation aux personnes handicapées.

«Il y avait une centaine de personnes dans la cafétéria et c’était le silence total. Tout le monde l’écoutait», a indiqué Mme Bastille, qualifiant la jeune artiste de déterminée, de fonceuse et de responsable.

Amélie Archer parle souvent en utilisant son ordinateur comme intermédiaire, qui retransmet son discours, afin de mieux se faire comprendre. En entrevue à l’Acadie Nouvelle, mardi, elle a confié que sa passion était le dessin. Depuis qu’elle peut tenir un crayon dans ses mains, elle dessine.

«J’ai toujours dessiné. Chez moi, j’ai toujours eu des bols de crayons à la portée de la main. Mon dessin a du mouvement parce que ma mobilité fait en sorte que mes lignes ne sont jamais droites. Ce qui m’inspire quand je crée, c’est principalement la nature. Quand je fais mes créations, j’écoute de la musique», a exprimé Amélie Archer, qui n’a jamais suivi de cours de dessin.

Ses huit grands dessins sont exposés à l’entrée du CCNB – Campus de Dieppe. Ce sont tous des paysages qui comprennent souvent un grand nombre de détails. Il y a des maisons, des arbres, des soleils, des champs, des arbres, des animaux. Chaque dessin peut nécessiter un ou deux mois de travail.

«J’utilise les crayons de couleur de bois et de cire. Je fais plusieurs croquis avant de faire mon propre afin d’éviter des erreurs. J’ai une manière très particulière de tenir mon crayon dans mes mains, entre mon pouce et mon index et c’est mon poignet qui fait le travail», a précisé la jeune femme qui affirme ne s’être jamais arrêtée à sa condition physique et qu’elle a toujours été un membre à part entière au sein de sa famille.

«En 3e année, j’ai rencontré Doris Landry, mon aide-enseignante, qui m’a suivie jusqu’à la 12e année. Elle m’a poussée à me dépasser au niveau de ma créativité. Elle m’a fait découvrir toutes sortes de choses comme le théâtre», a poursuivi Amélie Archer, qui veut démontrer qu’il est possible de faire plein de choses avec un handicap.

«Mon plus grand rêve est de poursuivre mes études à l’université et de gagner ma vie avec un travail qui me passionne, ainsi que d’être le plus autonome possible et de voyager», a-t-elle ajouté.

Le vernissage se tient mercredi, de 15 h à 16 h 30, au CCNB – Campus de Dieppe.