Sito Bito pose un second regard sur la nature

CARAQUET – Pour l’artiste photographe Serge Robichaud, alias Sito Bito, la nature est plus qu’un simple habitacle à ciel ouvert où se côtoient l’Homme et la Bête. C’est un lieu spirituel, trop souvent mis à sac par l’industrialisation et l’inconscience de l’humain, estime-t-il.

Ce n’est donc pas un hasard si Sito Bito a voulu représenter la nature dans toute sa quiétude dans sa plus récente série intitulée Second Regard, dont le vernissage avait lieu mardi soir, au Foyer du Centre culturel de Caraquet. Dans ses images, conçues au cours des six derniers mois, la nature y est déployée dans les menus détails, la flore montrant ses plus beaux atours et la faune s’approchant tantôt furtivement, tantôt en confiance, de l’objectif du photographe. Avec Sito Bito, nous sommes plutôt dans l’univers de la photographie macro. Sous nos yeux, les images clament une véritable prière, que Sito Bito revendique d’ailleurs sans pudeur.

«Je ne suis pas indifférent à tout ce qui a trait au mysticisme et à la spiritualité.

Il y a une renarde qui revient souvent dans mes photos. J’ai littéralement vécu avec elle, non loin de ses petits, pendant quelques jours. Je couchais avec eux. En la voyant aller, j’ai beaucoup appris d’elle sur la solitude, la méfiance, mais aussi la confiance. Au début, elle était très farouche, mais à force de tenter de la comprendre, notre relation est devenue parfaite. Pour moi, c’est le langage de la Création et ce que Dieu nous dit à travers elle», souligne Sito Bito, ajoutant toutefois n’avoir jamais touché à la renarde, ni à ses renardeaux.

Sur d’autres images, on reconnaît notamment le phare de Miscou, de près ou de loin, ou encore du bois de grève. Des éléments simples que Sito Bito rend uniques en raison du regard qu’il leur porte, avant même d’appuyer sur le bouton de sa caméra.

«J’ai fait cette série pour sensibiliser les gens à l’environnement. Il y a beaucoup d’industrialisation et de saccage de la nature. On sacrifie la faune et la flore pour faire des profits. Mais la question demeure: est-ce que l’on va vivre juste avec de l’argent, ou avec la nature pour retrouver Dieu? Je sais que je ne me fais pas d’amis en disant ça», exprime Sito Bito avec un sourire en coin.

Biologiste de formation, Sito Bito dit être tombé dans la photographie comme Obélix dans la potion magique, il y a 38 ans, alors qu’il était étudiant à l’Université de Moncton. Sa passion ne l’a jamais quitté depuis. Il a de nombreuses expositions solos derrière la cravate et a remporté plusieurs prix à l’échelle nationale et internationale.

«La photographie, c’est tout pour moi. Ça prend beaucoup de patience pour prendre de telles photos, c’est certain. Mais cette série-là est arrivée au bon moment, car j’avais besoin de faire toutes les autres avant d’arriver à celle-ci», soutient Sito Bito.

L’exposition Second regard est en montre au Foyer du Centre culturel de Caraquet jusqu’à la fin décembre.