Les Hôtesses d’Hilaire présentent leur premier album

MONCTON – Rock aux divers accents avec des arrangements qui défoncent et quelques touches de blues, sur des textes parfois revendicateurs inspirés de vraies histoires, les Hôtesses d’Hilaire présentent cette semaine leur tout premier album, Hilaire à boire, réalisé par Pascal Lejeune.
 

Bien des premières marquent cet album des Hôtesses d’Hilaire. Premier disque du groupe acadien, première réalisation de Pascal Lejeune et premier enregistrement au studio de Pierre Guy Blanchard à Charlo dans le nord du Nouveau-Brunswick. Un enregistrement qui rend très fiers les cinq membres des Hôtesses d’Hilaire. Ils se sont fait plaisir en livrant une œuvre, estiment-ils, qui correspond à la fois au son du groupe et aux diverses influences de chacun des membres.

«Je pense que nous sommes allés au fond de nous-mêmes. Chacun des membres du groupe vient de différentes origines musicales et nous avons réussi à nous rejoindre tous les cinq. C’est pour ça que c’est un peu varié, mais on se retrouve à un point commun. Pendant la semaine de création que nous avons passée à Tracadie-Sheila, c’était de se découvrir et de pousser au maximum nos capacités et notre imagination», a déclaré le claviériste Léandre Bourgeois.

Sur ce premier opus très attendu, la formation propose de nouvelles chansons, dont quelques-unes qu’ils ont déjà chantées en spectacle. Serge Brideau et le batteur Maxence Cormier racontent que Pascal Lejeune les a encouragés à créer de nouvelles pièces. La politique, les femmes et un peu la débauche sont les sujets de prédilection de ce groupe qui utilise de temps en temps un langage cru, à l’image des histoires qui leur sont racontées, soutient le chanteur Serge Brideau. Si en ouverture de disque Fond de baril entre à fond de train dans les écouteurs, sur un rock bien pesant, la suite de l’album se nuance. Certaines pièces, comme L’homme de glace au discours plus poétique ou encore Il pleut sur ma ville qui raconte l’exode des travailleurs vers l’Ouest, proposent différentes textures musicales, même progressives. Serge Brideau précise que Pascal Lejeune a posé sa plume quelques fois sur les textes. Un album très inspiré par le père de Serge Brideau, Hilaire Brideau, aujourd’hui âgé de 76 ans, dont une photo prise en 1958 illustre la pochette. La préproduction du disque a d’ailleurs eu lieu chez M. Brideau à Tracadie-Sheila.

«Mon père aime l’attention, il est drôle, ce n’est pas une personne qui passe inaperçue. Il entre dans une place, il parle fort, il aime faire rire le monde. Je lui ressemble un peu dans ma personnalité et tous les cinq, chez nous, on a une petite touche d’Hilaire. La plus grosse négociation a été de réussir à sortir la photo de la maison. Mon père avait peur que je la perde ou la brise», a commenté le chanteur à la voix costaude qui a écrit la pièce Hilaire à boire un peu en hommage à son père.

Les chansons sont créées de façon collective.

«Souvent, on part d’une idée ou même d’une parcelle d’idée et après on construit les chansons», a indiqué Serge Brideau.

Les spectacles lancements ont lieu au Centre culturel Aberdeen, à Moncton, jeudi (21 h) et au Bar Deauville, à Tracadie-Sheila, vendredi (21 h). Par la suite, le groupe rock a des spectacles de prévus notamment au Nouveau-Brunswick, en Gaspésie, aux FrancoFolies de Montréal, au Festival Interceltique de Lorient, en Bretagne, et à Granby. Le groupe arrive tout juste de Montréal où il s’est produit au réputé Divan Orange, et ce, devant une salle pleine.