Marie-Renée Duguay fait son marché à Cannes

MONCTON – Tapis rouge, files d’attente, premières mondiales… depuis sept jours, la responsable de la programmation du Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA), Marie-Renée Duguay, vit à l’heure de Cannes. Après une semaine de festival, quelques œuvres ont spécialement marqué l’imaginaire de cette cinéphile avertie.

Jointe à Cannes mercredi, Marie-Renée Duguay raconte cette première semaine avec enthousiasme, bien que l’ambiance des premiers jours du festival ait été assombrie en raison du mauvais temps qui a frappé la Côte d’Azur. La responsable de la programmation du FICFA a vu une quinzaine de longs métrages depuis le début du festival et elle prévoit en voir beaucoup d’autres d’ici la fin de ce 66e grand rendez-vous international du septième art. En quête de petits bijoux cinématographiques en vue du prochain FICFA, Mme Duguay se concentre surtout sur le cinéma de la Francophonie. Premier coup de cœur: Le passé, du cinéaste iranien Asghar Farhadi, qui avait réalisé Une séparation, une œuvre primée aux oscars.

à«C’est un film tout en subtilité sur la culpabilité et c’est tellement bien amené. C’est vraiment un très beau film», a déclaré Marie-Renée Duguay, qui a également été séduite, entre autres, par le film Suzanne, de la cinéaste bretonne Katell Quillévéré, qui avait reçu le prix La Vague du meilleur long métrage de fiction international au FICFA avec son premier film, Un poison violent.

Suzanne raconte l’histoire d’une jeune fille qui sacrifie tout pour vivre sa passion. Marie-Renée Duguay a assisté aussi à la première du film Sarah préfère la course, de la réalisatrice québécoise Chloé Robichaud.

«J’ai beaucoup aimé ça. C’est un très beau premier film. La comédienne principale Sophie Desmarais est extraordinaire, elle porte le film. C’est une oeuvre pleine de délicatesse et subtile. La majorité des émotions passent par le visage de Sophie Desmarais. Cela a un peu les défauts d’un premier film dans le visuel, mais c’est quand même très bien amené. Chloé Robichaud a une belle signature, même si on sent des influences parfois», a indiqué Marie-Renée Duguay.

Le court métrage Out Ouest, du cinéaste de Moncton Jean-Michel Vienneau, a été présenté mardi au Marché du Film, dans le cadre du programme Talent tout court de Téléfilm Canada. Selon Mme Duguay, ce programme au Festival de Cannes constitue un bon tremplin pour les jeunes réalisateurs, leur permettant ainsi de se familiariser avec l’univers de Cannes et du marché du cinéma. Elle cite en exemple Chloé Robichaud, qui est allée une première fois à Cannes dans le cadre de ce programme et aujourd’hui elle revient avec son premier long métrage.

Marie-Renée Duguay en est à sa sixième participation à Cannes. Pour elle, c’est l’occasion d’établir des contacts, de promouvoir le FICFA et de rencontrer des distributeurs. C’est à Cannes qu’elle effectue la plus grande partie de la sélection des œuvres qui seront à l’affiche du FICFA.

«C’est ici que je peux voir quels sont les films intéressants ou pas. Après, je peux rencontrer les distributeurs pour négocier afin d’avoir les films», a ajouté Marie-Renée Duguay, qui sans avoir vu toutes les productions a remarqué une certaine thématique qui se dessine dans les œuvres cette année, celle d’une jeunesse assez blasée et sans repère.