Éloizes: controverse entourant la formule actuelle du Gala

MONCTON – Le Gala des Éloizes, dans sa formule bisannuelle, reflète-t-il réellement la production culturelle actuelle en Acadie? Une préoccupation soulevée par le chanteur Joseph Edgar qui a suscité des réactions au sein de la collectivité artistique.

Joseph Edgar remet en question la formule actuelle des Éloizes, spécialement la période de mises en candidature. Pour le Gala qui sera présenté au printemps 2014, les œuvres doivent avoir été produites entre le 1er juillet 2011 et le 30 juin 2013, soit près de trois ans avant la tenue des célébrations. Joseph Edgar déplore vivement cette situation, écorchant du même coup au passage l’Association acadienne des artistes professionnels du N.-B. (AAAPNB) qui organise le gala. Il soutient qu’il a déjà soulevé la question par le passé, mais que le conseil d’administration de l’AAAPNB n’a pas réagi, ne semblant pas disposé à se remettre en question. La polémique lancée par l’auteur-compositeur-interprète a engagé un débat sur les réseaux sociaux. Quelques artistes ont émis aussi leurs préoccupations à l’égard des Éloizes.

«Je vois que le portrait de l’Acadie est en train d’évoluer à une vitesse ultrarapide et c’est le devoir de ceux qui représentent les arts en Acadie de s’y ajuster au même rythme… ce qui ne veut pas dire de virer Hollywood ou de se créer un star-system… L’important tout de suite est de s’assurer, tandis que de plus en plus d’yeux sont sur nous, d’offrir un portrait complet et actuel», a indiqué Joseph Edgar qui propose de resculpter la façon dont les Éloizes sont livrés dans un événement plus humble, mais annuel.

Le représentant du secteur musique à l’AAAPNB, Sébastien Michaud, estime que l’organisme est ouvert à la discussion. Il suffit, dit-il, de se présenter à l’Assemblée générale annuelle et de faire des propositions. Il précise que seulement cinq musiciens ont participé à la dernière AGA. Tout en reconnaissant que la période de candidature de deux ans n’est pas l’idéal, Sébastien Michaud croit toutefois que la cérémonie doit avoir une certaine envergure, contribuant ainsi à son rayonnement. Habituellement, le gala est diffusé sur Radio-Canada à la grandeur du pays.

«Le fait que l’événement est aussi grandiose nous permet d’avoir une captation de Radio-Canada ce qui nous garantit des cachets UDA (Union des artistes) et AFM (Fédération des musiciens) pour les artistes qui participent. Si on le faisait plus petit, je ne suis pas sûr que ce serait diffusé et si ce n’était pas diffusé, je ne suis pas certain qu’on aurait les moyens de payer les artistes, puis si on n’a pas les moyens de payer les artistes, il n’y aurait peut-être pas les Éloizes», a expliqué Sébastien Michaud, précisant aussi que la tenue d’un gala annuel monopolise grandement les ressources et le personnel de l’AAAPNB, l’empêchant ainsi de travailler à d’autres dossiers importants pour les artistes.

«Si nous avions des Éloizes chaque année, nous n’aurions pas pu tenir notre forum sur le statut de l’artiste lors de notre dernière AGA, un exercice très stimulant. Je suis d’accord qu’on rame dur pour vivre de notre art, mais je pense qu’une fin de semaine par année, pour ce que ça peut donner concrètement en matière de concertation et de réseautage vaut la perte d’une couple de gigs», a ajouté Sébastien Michaud.