Les petits bonheurs de Valois Robichaud

BAIE-DU-PETIT-POKEMOUCHE – S’il y a quelqu’un en Acadie qui peut se permettre de parler du bonheur, c’est bien Valois Robichaud. Toujours souriant, même à 66 ans, l’homme de Baie-du-Petit-Pokemouche, près de Shippagan, continue de cultiver son jardin de la vie et de chercher la quiétude intérieure.

Sans prétendre avoir toutes les solutions, son nouvel ouvrage, Cueillir mes petits bonheurs au quotidien, explore cette question du bonheur que tout le monde semble vouloir atteindre sans savoir comment s’y prendre.

L’universitaire présente aussi les renseignements scientifiques les plus récents portant sur le bonheur.

«En Occident, nous sommes toujours en ligne. Avec l’évolution technologique qui nous a donné les réseaux sociaux, je réalise très souvent que nous vivons en périphérie de nous-mêmes. Ma première réflexion sur le bonheur est de savoir s’il n’est pas possible de se réserver du temps pour soi, parce que j’ai l’impression qu’à certains moments on n’a plus le temps de savoir qui on est. On donne la priorité à l’hémisphère gauche du cerveau qui lui veut réussir et ne pas lâcher prise», explique-t-il.

L’idée d’écrire un livre sur le bonheur est née il y a quelques années lors du Salon du livre de la Péninsule acadienne. Pendant cet événement, il fait la rencontre d’une femme dans la jeune trentaine. Les larmes aux yeux, elle s’est confiée au psychothérapeute de formation.

«Elle m’a dit, pourquoi vous n’écrivez pas pour nous? Nous n’avons pas le droit à l’erreur. On s’inquiète pour l’avenir. On est dans une société d’incertitude. Elle a dit qu’elle était stressée.»

Une partie de l’essai a été écrit au Costa Rica où l’écrivain séjourne chaque hiver depuis trois ans pour se reposer et pour s’ennuyer de son Acadie.

Ce n’est pas un hasard si la vie quotidienne a servi d’inspiration à Valois Robichaud. Le pays figure régulièrement au sommet de palmarès visant à classer les peuples les plus heureux au monde.

«J’ai compris là-bas qu’il y a une telle harmonie entre la faune, la flore et les gens. Moi, ça m’inspire. Le titre de l’ouvrage, ça m’est venu dans une église quand j’ai vu un grand-père avec une grand-mère, un aveugle accompagné par son frère, des petits et leur grand-père venus prier dans l’église où les poules entraient par les portes ouvertes et où les gens dansaient. Je me suis dit que ces gens sont heureux. Ça m’a apporté à poser un regard sur la temporalité et de me demander si nous sommes victimes du rythme effréné dans lequel on s’est lancés.»

Au dire de l’auteur, être heureux n’améliore non seulement la qualité de vie, mais il permet de la prolonger.

«Il y a une étude qui a été faite sur une population donnée. On a calculé que les gens qui goûtaient aux petites joies gagnent neuf années d’existence, tout simplement en s’arrêtant sur des moments. L’avocat du diable me dirait qu’avec de l’argent ou en gagnant le gros lot il serait heureux. Mais les recherches démontrent le contraire. Il n’est pas là le bonheur, mais dans les moindres détails.»

Valois Robichaud sera présent au 10e Salon du livre de la Péninsule acadienne. Le 13 octobre, à 10 h 30, il présentera la conférence «Le bonheur à la trentaine!».