Danse Lhasa Danse clôt le Festival de danse tout en poésie

MONCTON – Véritable dialogue entre la danse, la musique et la poésie de Lhasa de Sela, le spectacle phare du 8e Festival de danse en Atlantique, Danse Lhasa Danse, a émerveillé les quelque 300 spectateurs au Théâtre Capitol, à Moncton, dimanche.

Tour à tour, les chanteurs, les musiciens et les danseurs ont incarné la musique de Lhasa avec une sensibilité hors du commun, tout cela dans une ambiance chaleureuse. Une réelle communication s’est installée entre les 16 artistes. Les chanteurs Karen Young, Alexandre Désilets, Geneviève Toupin et Alejandra Ribera ont fait un survol du répertoire anglais, espagnol et français de cette artiste américano-mexicaine décédée à l’âge de 37 ans d’un cancer du sein. Ils ont livré de très belles prestations. Mentionnons la profondeur de Karen Young, les prestations dramatiques d’Alejandra Ribera, dont la voix se rapproche de celle de Lhasa, le grand registre d’Alexandre Désilet et la voix cristalline de Geneviève Toupin.

«J’ai trouvé ça incroyable, la musique, le son, la complicité entre chaque artiste. Je reviendrais le voir tous les soirs. Ça nous permet d’aller chercher des émotions et c’est rare que ça me touche comme ça», a déclaré Estelle Dupuis, une jeune spectatrice et artiste de la danse.

En lever de rideau, du flamenco sans musique; juste le rythme des pas et des claquements de doigts. La magie a opéré dès les premières secondes du spectacle. En solo, en duo ou encore en plus grand groupe, les interprètes de la compagnie PPS Danse ont donné un nouvel éclairage aux chansons de Lhasa, en dansant sur de superbes chorégraphies parfois langoureuses. Aucun mot ne s’est dit pendant la soirée, à l’exception de ceux de Lhasa par le biais de vidéos. Quelle est belle la musique de cette artiste, qui propose des textes lumineux sur la vie, la mort et l’humanité.

«Je n’ai pas vraiment de mot pour décrire l’expérience que je viens de vivre. En tant que danseuse, je ne peux même pas faire un mouvement qu’ils ont fait ce soir, juste pour vous dire la difficulté et la qualité de l’interprétation. J’avais des frissons, je voulais pleurer», a exprimé Roxanne Dupuis, qui danse depuis 12 ans.

«J’ai trouvé ça extraordinaire le mariage de la musique, du chant et de la danse. C’était magnifique la complicité des artistes, leur sensibilité et la communion. Je me trouve privilégiée d’avoir ce calibre de spectacle à Moncton. J’aurais juste espéré qu’il y aurait eu plus de monde pour apprécier ce spectacle», a commenté Hélène Albert.

«C’est bien d’avoir mélangé la danse avec l’œuvre de Lhasa parce qu’on ne voit pas assez de spectacles de danse», a soulevé Linda Savoie.

Ce spectacle hommage créé par le chorégraphe et metteur en scène Pierre-Paul Savoie a été salué par une vibrante ovation du public.

Popularité grandissante

Près de 2000 personnes ont participé aux ateliers et assisté aux spectacles du festival, doublant ainsi la fréquentation de 2012. Les 14 ateliers ont affiché complet, sauf deux. Environ 600 personnes, dont 400 enfants, ont assisté aux deux représentations du spectacle Variations S de la compagnie Cas public, lundi. Les organisateurs du Festival de danse en Atlantique ont, entre autres, comme objectif d’ouvrir une fenêtre sur l’excellence en danse et d’offrir une expérience contemporaine et nouvelle.

«C’est en progression, et je suis très contente parce que les gens qui ont assisté aux activités ont apprécié. C’est un public pour l’année prochaine», a ajouté la directrice artistique et générale du festival, Chantal Cadieux.