Le FICFA commence jeudi avec L’Autre maison

MONCTON – Le 27e Festival international du cinéma francophone en Acadie s’ouvre ce jeudi sur une histoire familiale autour du déclin d’un homme atteint d’Alzheimer. Premier long métrage de fiction de Mathieu Roy, L’Autre maison rend hommage au courage de son père, le journaliste Michel Roy, qui pendant sept années a lutté contre cette maladie.

L’Autre maison, qui a donné le coup d’envoi aussi au Festival des films du monde de Montréal cet automne, met en vedette Marcel Sabourin, Roy Dupuis et Émile Proulx-Cloutier. Ce drame qualifié de sensible et de lumineux est reparti du Festival des films du monde avec deux prix, soit celui du Meilleur acteur pour Marcel Sabourin et la Palme du film canadien le plus populaire. Si Mathieu Roy a réalisé surtout des documentaires au cours des dernières années, la fiction l’a toujours intéressé. Pour cette première œuvre, il s’est inspiré de son histoire personnelle, sans créer toutefois un film autobiographique.

«Mon père est un des grands journalistes au Québec et je trouvais que malgré les pertes de mémoire, les confusions, l’aphasie, il réussissait à voguer contre cette maladie-là avec un grand panache. J’ai été inspiré par ce que j’appelle la poésie de la confusion. Malgré tous les problèmes, mon père réussissait à former des phrases impeccables et super poétiques. Ma mère et moi nous notions ça dans un cahier», a expliqué en entrevue Mathieu Roy, qui sera au Théâtre Capitol, à Moncton, afin de présenter son film.

L’Autre maison raconte l’histoire des derniers moments d’Henri Bernard, 86 ans, qui perd de plus en plus la mémoire. Il demeure à la campagne avec son fils Éric, futur pilote, et sa conjointe. Son autre fils, Gabriel, beaucoup moins présent, est journaliste en zone de guerre. Les deux frères ne s’entendent pas sur la façon de gérer la maladie de leur père.

«J’ai voulu partager mon histoire qui est personnelle, mais dont la portée est universelle. Je pense que les gens qui l’ont vu en sortent très émus parce qu’ils réussissent à projeter leur propre histoire dans la mienne. C’est de déclencher une conversation sur l’impact pour les familles d’une telle maladie», a raconté Mathieu Roy, qui a réalisé une oeuvre réaliste, mais qui devient par moments impressionniste, illustrant l’état d’esprit un peu brumeux du personnage à la recherche d’un lieu énigmatique.

Si dans le film il fait aussi un parallèle avec l’accident dramatique en Afghanistan vécu par son frère, le journaliste Patrice Roy, la comparaison avec sa vie et celle de son frère s’arrête là, a précisé Mathieu Roy.

Le tournage de L’Autre maison s’est déroulé dans la campagne québécoise, avec quelques scènes au Kenya, en Islande et à Paris. Mathieu Roy, qui a été l’assistant personnel du réalisateur Martin Scorsese sur le tournage du film The Aviator il y a 10 ans, soutient avoir été très inspiré par la passion du cinéaste américain. D’ailleurs, Martin Scorsese a été le producteur exécutif de son documentaire Surviving Progress.

«C’est vraiment quelqu’un qui adore le cinéma, c’est contagieux, un passionné, un érudit. Au niveau de sa passion pour le cinéma, c’est très inspirant d’être près de lui et dans sa manière de diriger les acteurs. Je l’ai beaucoup observé sur ses plateaux de tournage et sa manière très musicale de construire le film m’inspire beaucoup», a ajouté Mathieu Roy.

L’Autre maison est présenté au Théâtre Capitol jeudi à 20 h.