CARAQUET – Jocelyn Jean aurait pu être architecte. Il dit d’ailleurs beaucoup aimer l’architecture. Il aurait pu aussi être mathématicien. Il a fait des études en graphisme et l’ensemble de ses travaux est calculé avec une précision quasi chirurgicale. Il a pourtant choisi une autre avenue, celle de la peinture, signale-t-il, où il se sent plus libre.

Après avoir enseigné les arts visuels dans quelques universités du pays et avoir tenu plusieurs expositions solos et collectives à travers le Canada, Jocelyn Jean présente ses oeuvres pour la première fois en Acadie depuis mercredi, à la Galerie d’art Bernard-Jean de Caraquet.

Réunies sous le titre La pointe de l’iceberg, plusieurs oeuvres de l’artiste acadien demeurant à Grande-Anse, dévoilées par le biais de son exposition, ont été réalisées de 1997 à 2013.

«C’est littéralement la pointe de l’iceberg de mes travaux que je présente au public, car les oeuvres montrées dans la galerie sont en plus petit nombre que celles que je ne montre pas», souligne Jocelyn Jean quelques minutes avant son vernissage mercredi, dans le cadre d’un 5 à 7.

Les tableaux et les dessins de l’artiste sont néanmoins nombreux et tapissent de larges pans de murs à l’intérieur de la galerie d’art, en plus d’en avoir accroché quelques autres à l’extérieur, dans le foyer du Centre culturel. La pointe de l’iceberg est recoupée principalement en quatre séries nettement inspirées par l’art cubique. Un thème revient de façon récurrente dans chacune des créations: celui de la maison, que l’artiste modèle et remodèle au gré de sa fantaisie et dans un souci d’en explorer toutes les possibilités.

«Je travaille depuis 1995 sur le motif de la maison. Je l’apprête à toutes les sauces. Dans ma série appelée Tentative d’épuisement d’un motif, j’ai réalisé que la maison pouvait être déconstruite et reconstruite à l’infini. Je n’en présente que 150 dessins dans cette exposition, mais il y en a plus de 1000», précise-t-il, assurant qu’il aurait pu en faire davantage.

La série suivante, Saisir l’infini, reproduit les mêmes dessins, cette fois-ci en y ajoutant de la couleur.

«Ça change complètement la perspective des dessins originaux. C’est surprenant comme ça modifie et transforme la structure de base. C’est comme si ça lui donnait une nouvelle dimension», note Jocelyn Jean.

Pourquoi cette apparente obsession pour le thème de la maison? Plus qu’une symbolique, Jocelyn Jean y trouve un sens profond, lié de très près à ses racines et à ses émotions.

«J’ai toujours été attiré par la géométrie. D’ailleurs, dans son étymologie, le mot “géométrie” veut dire “mesure de la Terre”. C’est un peu ce que je fais avec la maison. J’aime aussi beaucoup la géographie et la cartographie. Quand on croise une maison, qu’elle soit dans un paysage connu ou ancrée au fond des bois, il y a toujours quelqu’un qui y habite, ou qui y a habité. Petit à petit, en faisant mes oeuvres, j’en suis venu à l’idée que ces espaces pouvaient ne pas être habités et demandaient peut-être que l’on s’y attarde davantage, pour les investir en quelque sorte. Avec la maison, on introduit l’humain. Elle symbolise donc la présence humaine à mes yeux», explique Jocelyn Jean, qui est en outre un lointain parent de l’ex-juge Bernard Jean, qui a donné son nom à la galerie d’art où son cousin issu du même arbre généalogique expose jusqu’au 19 mai.

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