Christian Essiambre, une vie changée par trois exils

CARAQUET – Forrest Gump aimait raconter que «la vie c’est comme une boîte de chocolats: on ne sait jamais sur quoi on va tomber». Christian Essiambre, lui, est tombé sur une boîte de chocolats particulièrement difficile à avaler. Il lui aura fallu tomber de haut à trois reprises avant de trouver un véritable sens à sa vie. Et l’ironie de son destin aura voulu qu’il arrive à bon port en racontant sur scène ses mésaventures.

Grâce à la pièce Les trois exils de Christian E., qu’il a coécrite avec le metteur en scène Philippe Soldevila, Christian Essiambre peut aujourd’hui vivre de son art. Ça n’a malheureusement pas toujours été le cas. Loin de là.

Entre l’époque où il interprétait Tom Pouce au Pays de la Sagouine jusqu’à sa quasi-résurrection artistique dans la métropole québécoise, le comédien de McKendrick a dû se taper une longue traversée du désert parsemée de drames et autres pépins du quotidien. C’est tout ça qu’il raconte dans la pièce. Souvent avec humour, sinon avec émotion. Le résultat a été tel que la pièce est déjà assurée de franchir le cap des 100 représentations et qu’il a reçu, en octobre, le prix Auteur dramatique BMO Groupe financier accompagné d’une bourse de 10 000 $.

«C’est quand même ironique que le point culminant de ma dernière année a été de faire un spectacle pour raconter mon incapacité à me trouver du travail et à percer à Montréal», indique l’Acadien avec humour.

«Cela dit, nous sommes très contents Philippe et moi. D’autant plus qu’après une pause de sept mois, nous avons récemment entamé une autre tournée de 35 spectacles en Acadie et au Québec, dont la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. Nous sommes rendus à 80 représentations et nous devrions taper bientôt le 100 (en mars)», affirme-t-il.

«C’est quand même beaucoup. En temps normal, dans un spectacle de tournée, quand tu dépasses les 25 représentations tu peux dire que l’objectif est atteint. C’est difficile de faire de la tournée. Donc, de se rendre à 100 représentations c’est hors de l’ordinaire. Évidemment, ça aide pas mal que je sois seul sur scène et que le décor ne consiste qu’à une chaise. Ce n’est pas difficile à transporter et ça diminue les coûts de la tournée», dit-il en riant, avant d’ajouter plus sérieusement que le fait que la pièce parle autant des grandes villes que des régions n’a certes pas nuit.

En plus du théâtre, Christian Essiambre a également tenu la vedette dans l’émission pour enfants Les étoiles de Fred (qui se nommait auparavant Les étoiles du dodo) sur la chaîne Yoopa.

«Nous venons de terminer la troisième saison, dit-il. Les deux premières saisons s’adressaient à un jeune public de 3 à 6 ans. Là, je suis rendu chez les 4 à 8 ans et les épisodes sont désormais de 22 minutes au lieu de sept minutes. Avant je faisais surtout des contes. Cette année, il y a deux jeunes comédiens (Émilie Bierre et Elliot Miville-Deschênes) qui jouent avec moi et nous nous amusons beaucoup sur le plateau.»

«Nous recevons aussi deux artistes par épisode. J’ai même reçu Jean-Marc Couture. Pour moi, cette émission est vraiment une partie de plaisir et j’espère qu’il y aura une quatrième saison. En tout cas, ma mère m’a dit que la nouvelle formule est meilleure que Les étoiles du dodo», lance-t-il en riant.