Maxime McGraw désormais en selle pour de bon

CARAQUET – Disons-le tout de suite, Maxime McGraw est l’une des belles histoires de l’année 2013 sur la scène musicale. Après avoir tenté pendant des années de trouver sa place et à se questionner s’il avait ce qu’il fallait pour percer, le voilà maintenant dans la cour des grands avec son folk pop mettant en valeur sa voix riche et profonde. L’album éponyme lancé au début de l’année l’a non seulement mis en selle, mais il lui a aussi confirmé que la scène est bel et bien son terrain de jeu.

Le jeune auteur-compositeur-interprète de Tracadie-Sheila l’avoue bien humblement, il a grandement douté de ses chances de vivre de son art.

«Nous sommes fragiles dans ce métier. J’ai eu des moments où je me suis demandé ce que je devais faire. Je regardais mes chums aller et j’en voyais qui avaient déjà leur propre maison et leur petite famille. Moi j’étais dans le sens contraire. J’étais à la merci du quotidien. Je me demandais si ça valait la peine de continuer. Moi aussi je veux des choses dans ma vie», raconte-t-il.

«Heureusement, la scène est un métier où l’on vit énormément de choses qui sont hors de l’ordinaire. Juste l’amour d’un public pendant un spectacle, c’est tellement de bonheur reçu d’un coup que ça m’a permis de passer au travers des moments un peu plus difficiles», ajoute-t-il.

Il a dû, par exemple, apprivoiser la déception de ne pas avoir été choisi pour la quatrième édition de Star Académie. Voit-il son éclosion comme une revanche du passé?

«Non, dit-il. Toutes mes expériences du passé ont fait ce que je suis aujourd’hui. Je n’ai jamais vu les embûches comme des échecs, mais comme des étapes dans mon parcours. Ce que je retiens surtout des dernières années, c’est que si tu crois dans quelque chose et que tu veux vraiment le faire, tu n’as qu’à te mettre au travail et de souhaiter que la chance sera de ton bord. Mais cette chance, il faut quand même que tu la crées. Tu n’auras rien si tu restes assis.»

Sa chance, lentement mais sûrement, commence à tourner en 2011 quand la pièce Personne ne sera toi, une composition de Sophie Nault et Marc Dupré, atteint le top 20 du palmarès de l’ADISQ. En 2012, la chanson Mon éternité, en duo avec Marie-Pier Perreault, sera numéro 1 du même palmarès pendant cinq semaines consécutives.

Deux offrandes qui laissaient miroiter un bel accueil pour son album éponyme qu’il lancera finalement en février 2013.

«Les lancements à Montréal et à Tracadie-Sheila resteront gravés dans ma mémoire pour le reste de mes jours. Je vivais enfin mon rêve. Celui de Montréal était bien sûr plus médiatisé, mais à Tracadie-Sheila, ç’a été plus fort émotivement. C’était magique de lancer l’album chez nous devant ma famille, mes amis et les gens qui m’ont supporté depuis le début», raconte Maxime McGraw.

«Ç’a été plusieurs années de travail pour en arriver à ça. Ça faisait quand même quatre ans que le projet de l’album était en marche. Et que la réponse du public ait été aussi bonne, c’est pour moi un cadeau du ciel. L’année 2013 est définitivement ma plus belle en musique. J’ai fait plein de spectacles et je peux enfin vivre de mon métier. Tout ça, c’est une très belle surprise pour moi», lance-t-il avec modestie.

La surprise est d’autant plus révélatrice que toutes les chansons, à l’exception de Le ciel a pleuré, ont été écrites par d’autres. S’il n’a pas été facile, du moins au début, d’accepter de laisser de côté sa plume, Maxime McGraw ne peut aujourd’hui que s’en féliciter.

«Tout cet appui d’artistes qui étaient prêts à sacrifier une chanson pour la gambler sur un petit nouveau qui arrivait sur le marché, ça m’a fait réaliser que j’avais de la chance. J’ai trouvé ça valorisant. J’étais relativement inconnu au Québec. Ç’a été une belle tape sur l’épaule à un moment dans ma vie où je me posais plein de questions sur mon avenir.»

Parmi ces collaborateurs, on retrouve Marc Dupré, Étienne Drapeau, Richard Turcotte, Martine Pratte, Christian Marc Gendron, Sandrine Roy, Danny Boudreau et Wilfred LeBouthillier.

«Jouer le rôle d’interprète, c’était nouveau pour moi. J’avais toujours chanté mes propres chansons. Et dans les concours, je me suis toujours inscrit dans la catégorie auteur-compositeur. J’ai d’abord rencontré chaque auteur pour leur raconter qui j’étais et ce que je recherchais comme texte. C’était important pour moi de chanter des trucs qui viendraient me chercher et qui me colleraient à la peau. Ces chansons, il fallait que je me les approprie. Je voulais les chanter comme si c’était moi qui les avais écrites. Finalement, ç’a été une belle expérience», affirme-t-il.

Que peut-on lui souhaiter pour 2014?

«D’abord de la santé, dit-il en riant. C’est la meilleure chose. Souhaitez-moi aussi de continuer mon chemin avec la musique. J’ai déjà commencé à travailler aussi sur mon prochain album. J’ai également une belle tournée qui s’en vient. Mon agence travaille actuellement sur le booking de 2014 et ça regarde bien. Je ne peux pas trop en parler, mais même l’Europe est dans les plans.»

Oui, une belle histoire que celle de Maxime McGraw.

UN DUO AVEC SA BONNE AMIE JOANNIE

CARAQUET – Outre sa carrière en solo, Maxime McGraw mène en parallèle un parcours plus qu’intéressant avec Joannie Benoit. Les deux auteurs-compositeurs-interprètes de Tracadie-Sheila ont découvert qu’ils aimaient s’approprier la scène en duo et l’expérience ne semble pas à la veille de s’arrêter.

Même qu’une tournée dans les écoles du Nouveau-Brunswick, en mars, est déjà au programme pour la prochaine année.

«À la base, Joannie et moi sommes de très bons amis, mentionne-t-il. Nous avons été à l’école ensemble et nous avons le même âge. Ç’a été facile de joindre le travail à l’amitié. Nous sommes deux passionnés de musique et nous avons bien du fun à jouer ensemble.»

«Même si nous menons chacun de notre côté nos propres carrières (Joannie Benoit prépare la sortie de son premier album), nous sommes capables d’oublier ça et d’adapter un spectacle pour nous deux. Nous avons beaucoup de fun à le faire.»

Joannie Benoit s’est d’ailleurs ajoutée, samedi dernier, au party annuel Trois gars, une fille, rebaptisé depuis Trois gars, deux filles. Maxime McGraw, Wilfred Le Bouthillier, Danny Boudreau et Annie Blanchard étaient déjà présents pour la première édition en décembre 2012.

Par ailleurs, l’occasion était belle de lui demander s’il fallait être un sportif pour faire de la scène en Acadie. Après tout, Roch Voisine et lui sont d’anciens hockeyeurs de haut niveau, Caroline Savoie a participé aux Jeux du Canada de 2011 à Halifax avec l’équipe provinciale de ringuette et JC Surette a déjà porté les couleurs de l’équipe masculine de soccer des Aigles Bleus de l’Université de Moncton.

«Il faut croire que le sport mène à la scène», dit Maxime McGraw en riant, dont le parcours dans le hockey s’est arrêté après son passage dans le midget AAA.

«Pour moi, la musique et le sport ont toujours été là. À un moment donné, il a toutefois fallu que je choisisse l’un ou l’autre. Je t’avouerai cependant que le hockey me manque encore énormément. J’ai moins la chance de jouer. Je suis quand même content de mon choix. J’avais définitivement plus d’avenir dans la musique», ajoute-t-il.