JC Surette n’en finit plus de faire rire

CARAQUET – Il a fait rigoler tellement de gens en 2013 que Juste pour rire (JPR) a cru bon de miser sur la suite de sa carrière. En devenant le premier humoriste acadien à parapher une entente avec les gourous du rire mondial, Jean-Christophe Surette prouve non seulement que le Québec l’a adopté pour de bon, mais il démontre aussi à nos voisins de la Belle Province que la scène en Acadie ne se limite pas uniquement à la chanson et au théâtre.

Depuis sa signature avec JPR en juillet, la vie professionnelle du Dieppois s’en est trouvée complètement chambardée. Pour la première fois de sa vie d’artiste, un véritable plan de carrière est en train de se construire sur sa personne.

D’abord, les occasions de faire rire en français ont quadruplé, à un point tel qu’il ne trouve pratiquement plus le temps de le faire en anglais, où il connaissait pourtant un grand succès d’estime.

On le voit maintenant aussi à la télévision. Il a fait une petite apparition pendant le spectacle du 25e anniversaire de l’École nationale de l’humour (que vous pouvez d’ailleurs visionner sur Tou.tv) et il s’est également improvisé analyste sportif dans une récente émission du 5 à 7 à RDS. Et ce n’est pas terminé puisque le petit écran lui fait de plus en plus de l’oeil. Un retour au 5 à 7 est même prévu pour janvier.

En s’associant à JPR, JC Surette profite de plus d’un réseau de tournée qui ne se limitera pas qu’au Québec et au Nouveau-Brunswick. Un petit séjour est déjà assuré dans le sud de la France dans les prochains mois. À plus long terme, une tournée canadienne est en chantier pour 2015, de même qu’aux États-Unis avec Just For Laugh, le pendant anglophone de JPR.

Oui, 2013 a été bonne pour JC Surette.

«Ç’a été une très belle année, confirme l’humoriste. Ç’a aussi été une belle année pour préparer ce qui s’en vient en 2014. Quand j’ai signé avec JPR, c’est incroyable le feedback que j’ai reçu. Les gens étaient excités pour moi. Je le suis encore moi-même. Je suis vraiment content de ce qui m’arrive.»

«La dernière année me confirme que j’ai pris la bonne décision de venir à Montréal, même si j’ai toujours été sûr de moi. J’ai toujours su que quelque chose allait arriver. J’ai fait l’École nationale de l’humour et ç’a bien été. J’ai ensuite commencé à faire des spectacles et ç’a continué à bien aller. J’étais maintenant prêt pour passer à la nouvelle étape. La signature avec JPR est arrivée dans ma vie au bon moment. Je suis très fier de ma progression», dit-il.

«Ça prend du travail pour percer. Il faut que tu travailles très fort. En même temps, ça en vaut vraiment la peine une fois que ta chance arrive. Je ne veux pas être juste une étoile filante. Je veux que ça continue et faire beaucoup de spectacles. Initialement, c’est la raison pourquoi je fais de l’humour. J’aime être sur une scène. J’adore ça.»

JC Surette s’est retrouvé devant un public à plus de 200 reprises en 2013. C’est déjà énorme. Des chiffres qu’il a pourtant bon espoir de dépasser dans la prochaine année.

«Le booking va super bien. Au Nouveau-Brunswick, André Roy et Marc Basque sont vraiment bons pour moi. Je vais être au Festival d’humour HubCap en janvier, à Edmundston en mars et au Congrès mondial acadien en août. Il y a aussi beaucoup de spectacles au Québec qui sont prévus et je vais aller en France. J’ai également plusieurs autres projets qui sont en train de se préparer», mentionne-t-il.

Parmi ces projets, on y retrouve de possibles participations au Festival du Grand Rire de Québec et au Festival Juste pour rire de Montréal.

«C’est un objectif et même s’il n’y a encore rien d’officiel ça regarde bien. Il faut d’abord que je passe par le processus des auditions en juin. Mais j’ai confiance. D’ici les auditions, ça va être un combat. Comme tous les autres jeunes humoristes, je dois m’assurer d’avoir un numéro qui va fiter avec l’un des galas qui seront au programme. Je me suis bien entraîné. C’est l’ancien athlète en moi qui parle», lance en riant celui qui, dans une autre vie, a porté les couleurs de l’équipe masculine de soccer des Aigles Bleus de l’Université de Moncton.

Quant à un premier one-man-show, rien ne presse.

«Je suis déjà en mesure de donner des spectacles d’une heure. Je prends mon temps. Je veux d’abord m’assurer d’être encore plus connu avant de foncer. Je veux aussi être certain de livrer un bon show. Ça va progressivement bien, mais il y a d’autres étapes à franchir avant», explique-t-il.

UN PARCOURS DONT IL EST FIER

CARAQUET – Même s’il apprécie au plus haut point les marques de reconnaissance de certains de ses confrères d’ici qui le voient comme l’exemple à suivre, JC Surette ne s’est jamais vu comme le porte-étendard de l’humour acadien. En fait, ça ne lui avait jamais traversé l’esprit avant de se faire poser la question.

«Je n’ai jamais vu ça comme ça. Tout ce que j’ai fait, c’est suivre une passion. Mais si mon risque a pu en inspirer d’autres, ou au moins à y croire, j’en suis fier. C’est plaisant de savoir que des amis me citent en exemple. Ça me rend très heureux», révèle l’humoriste âgé de 30 ans.

«Je sens une réelle fierté des gens de chez nous pour ce qui m’arrive. C’est tellement great de savoir que le monde veut vraiment que ça marche mon affaire.»

Son pouvoir comique, JC Surette l’a découvert assez jeune. Ainsi, il ne détestait pas faire rire ses petits camarades à l’école. Et par la bande, les enseignants aussi.

«J’ai toujours été celui qui lançait une bonne ligne une fois de temps en temps et qui obtenait alors un gros rire général. La première fois que ça m’est arrivé, c’était dans une salle de cinéma remplie d’étrangers. À un moment donné, l’image s’est figée sur l’écran et quelqu’un a dit un truc qui a fait rire ses amis. J’ai alors crié: “There was nothing like this in the preview!” (“Il n’y avait rien de ça dans la bande-annonce!”). La salle au complet a éclaté de rire et j’ai été applaudi. J’avais 14 ans», raconte-t-il.

Dès qu’il a embrassé une carrière d’humoriste, il a évidemment fallu qu’il se trouve un style tout en composant avec ses origines. Il tenait aussi à ce que son humour se fasse dans la pure tradition du stand-up. Plus facile à dire qu’à faire quand on veut faire carrière au-delà des frontières de l’Acadie. De là est né son personnage du mec qui a quelque chose à dire sur tout.

«Je suis ce qu’on peut appeler un absurde réfléchi qui tente de livrer sa vision de la société en passant du coq à l’âne», dit-il en riant.

Un beau cas de psychologie, non?

«Mon père est justement psy, lance-t-il. Ma mère, elle, est avocate. C’est sans doute à cause d’eux que j’ai adopté ce personnage qui aime analyser et défendre ce qu’il pense.»

«Et comme je n’aime pas l’idée de paraître ridicule, le stand-up m’offre la possibilité d’être structuré. Je suis toujours en train de peaufiner mes jokes. Les idées n’arrêtent jamais d’entrer dans ma tête. J’aime que tout soit clair et précis, même si j’improvise maintenant de plus en plus sur scène», ajoute-t-il.

Une fois son personnage trouvé, JC Surette a également eu à se poser une question primordiale: jusqu’où l’Acadien en lui pouvait se permettre d’aller sur scène, particulièrement au niveau de la langue parlée.

«J’y ai vraiment beaucoup pensé. C’est certain que je glisse un peu de chiac dans mes numéros, mais c’est calculé. Sinon, j’utilise plutôt un français standard. Je ne pourrais pas faire du Radio Radio sur scène. Pas en humour.»

«Faire de l’humour, ça réside sur la logique. C’est important qu’on te comprenne. Il y a une façon de s’exprimer en utilisant notre langue, mais il faut aussi en être conscient. Et je le suis. Les gens me suivent (dans ma folie) et ils adorent l’accent. Bien sûr, il faut aussi avoir du contenu. L’accent, lui, rend tout ça plus curieux pour les gens. C’est exotique», exprime-t-il.

«À ce niveau, Lisa LeBlanc et Radio Radio ont d’ailleurs grandement contribué à la nouvelle identité de l’Acadie, plus contemporaine», souligne le comique acadien. – RL