Un portrait éclectique de l’art visuel en Acadie

MONCTON – La Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen accueille la plus importante exposition d’art acadien réalisée à ce jour dans des conditions professionnelles. Cette collection dédiée à Claude Roussel souligne les 50 ans d’enseignement des arts visuels à l’Université de Moncton.

Conçue par le commissaire Herménégilde Chiasson, cette exposition qui s’intitule 50//50//50 regroupe 50 œuvres réalisées par 50 artistes, la plupart étant des diplômés du département des arts visuels de l’Université de Moncton. C’est en 1963 que Claude Roussel est arrivé à l’Université de Moncton afin d’offrir pour la première fois des cours en arts visuels, bien avant que le département soit fondé en 1972. À l’entrée de l’exposition, on peut voir un immense portrait de Claude Roussel réalisé par Gisèle Léger Drapeau. Cette manifestation qui témoigne de l’effervescence de l’art acadien regroupe divers médiums; peinture, photographie, installation, vidéo, gravure et sculpture. Elle se veut aussi une réflexion sur les 50 ans d’enseignement des arts visuels en Acadie. Selon Herménégilde Chiasson, l’Acadie est entrée dans la modernité grâce aux arts visuels.

«Je dis toujours que la modernité est entrée en Acadie par Claude Roussel qui a toujours eu cette exigence que l’art soit actuel et contemporain. Il a étudié à Montréal juste après le refus global et quand il est arrivé ici, ces idées-là visant à se sortir de la grande noirceur étaient vraiment présentes chez lui. Par ricochet, ça nous a marqués», a expliqué Herménégilde Chiasson.

Des artistes ayant une longue carrière comme Yvon Gallant, Paul Édouard Bourque, Luc A. Charette, Mathieu Léger, Denis Lanteigne, Jacques Arseneault et Gerry Collins qui nous offre une installation sculpturale particulièrement touchante, se retrouvent dans cette exposition. La collection comprend aussi des oeuvres de diplômés plus récents, tels que Dominik Robichaud, qui propose un montage de dessins autobiographiques tirés de son exposition à la Galerie Beaverbrook et Rémi Belliveau, qui expose une installation alliant photo et vidéo autour de quatre générations.

«Je trouve que l’oeuvre de Rémi Belliveau réconcilie la tradition et la modernité d’une manière intéressante», a souligné Herménégilde Chiasson.

En visitant cette exposition, ne cherchez pas de thématique ou encore de ressemblances entre les œuvres. Chaque artiste présente sa propre vision qui lui est unique. D’ailleurs, le commissaire a exploité ces différences afin de dresser un portrait éclectique de l’art visuel en Acadie.

«Ce à quoi je me suis appliqué, c’est de faire en sorte que les oeuvres soient les plus discordantes possible, les plus uniques et différentes.»

Il a sélectionné des œuvres à travers les collections des artistes, en visitant leurs studios et leurs expositions. Pour les artistes plus établis, il leur a demandé de lui suggérer des œuvres qui représentent bien leur esthétique. Herménégilde Chiasson a choisi des artistes qui ont une certaine notoriété et qui ont continué de travailler et d’exposer. Deux anciennes diplômées en arts visuels, soit Ginette Pellerin et Jocelyne Doiron, qui ont choisi des voies artistiques autres que les arts visuels, l’une en cinéma, l’autre en illustration, ont aussi des œuvres dans cette exposition.

Le catalogue qui accompagne l’exposition sera lancé lors du vernissage. Il a été préparé par le commissaire et sera constitué de 50 cartes postales (des reproductions des oeuvres) reliées et détachables. L’exposition est présentée du 29 janvier au 30 mars et le vernissage se tiendra le 19 février, de 17 h à 19 h.