Le naufrage de rêve de trois comédiens acadiens

MONCTON – Au lendemain de la première de la pièce Naufrages, de Pascal Chevarie, à Sherbrooke, les comédiens Luc LeBlanc et Anika Lirette parlent d’un texte à faire rêver. Une histoire de mystère, de fantômes et d’oubli autour de la mer qui explore des thématiques universelles.

Une épave, une île, trois duos de personnages qui évoluent dans des temps divers; la pièce Naufrages met en vedette à la fois des comédiens acadiens, soit Luc LeBlanc, Lou Poirier et Anika Lirette, et trois comédiens québécois. Cette coproduction du théâtre l’Escaouette à Moncton et du Théâtre du Double Signe à Sherbrooke, mise en scène par Patrick Quintal, a été présentée en première mercredi à Sherbrooke. Joints jeudi, Luc LeBlanc et Anika Lirette soulignent que l’accueil du public a été très positif. Luc LeBlanc, qui n’a pas joué de rôle dramatique depuis Le Christ est apparu au Gun Club, est satisfait de ce retour après avoir passé une année à faire de l’humour et de la comédie. Dans Naufrages, il se retrouve dans la peau du Noyé, un personnage obscur, mystérieux et complexe.

«En comédie, la réaction du public est instantanée. Dans ce cas-ci, les spectateurs doivent apprivoiser la pièce. Je joue un personnage perturbé, troublé, ça fait qu’en partie ce n’est pas évident à jouer pour le rendre accessible au public. J’ai dû travailler fort et je suis content du résultat parce que c’est un rôle qui n’est pas facile à faire. Ça va continuer d’évoluer, mais je pense que j’ai touché à quelque chose», a affirmé Luc LeBlanc. Celui-ci raconte qu’en lisant le texte la première fois, il s’est souvenu qu’à l’âge de 13 ans, il avait failli se noyer. Ces images ont donc suscité en lui un intérêt marqué pour Naufrages.

Le comédien compare le texte de l’auteur madelinot à un scénario de films forgé de courtes scènes reliées entre elles qui ne se déroulent pas nécessairement dans le même espace-temps. Le casse-tête se construit au fil de la pièce.

L’île qui se trouve au cœur de Naufrages subit de l’érosion. Des ingénieures, Corine (Lou Poirier) et Anika Lirette (Anna), arrivent sur l’île pour construire une digue afin de freiner l’érosion. Toutefois, la vieille carcasse du bateau constitue un obstacle. Anika Lirette confie qu’elle avait très hâte que le public arrive après ce mois de répétition.

«Nous avons très bien travaillé, je trouve que l’équipe est formidable et le metteur en scène nous a emmenés dans l’univers organiquement», a exprimé la comédienne de Shediac qui incarne probablement le personnage le plus coloré de cette oeuvre qui se veut un chassé-croisé entre le réel et l’imaginaire.

«Si j’ai un conseil à donner au public, c’est de ne pas trop réfléchir et de se laisser embarquer dans le bateau et dans l’histoire comme telle», a poursuivi Anika Lirette, qui interprète un personnage un peu plus sérieux de ce qu’elle est habituée de jouer. D’après la comédienne, cette œuvre trouvera certainement écho en Acadie.

«Il y a quelque chose qui nous relie tous par rapport à la mer. J’adore le texte et il y a de la poésie qui nous amène vraiment à rêver», a ajouté Anika Lirette.

Naufrages sera présentée aussi au théâtre l’Escaouette, à Moncton, du 12 au 14 mars. Jean-François Hamel, Annie Bouchard et Ariane Bisson-McLernon, du Québec, complètent la distribution.