Les Éloizes veulent rayonner auprès des jeunes

FREDERICTON – Rapprocher les artistes de la communauté, voilà ce que s’est donné comme mission l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (AAAPNB), qui propose une programmation jeunesse d’envergure aux Éloizes. Plus de 2300 élèves du sud-ouest du Nouveau-Brunswick recevront la visite de six créateurs oeuvrant dans plusieurs disciplines artistiques.

Du théâtre aux arts médiatiques, en passant par les arts du cirque, la danse, les arts visuels, la littérature et la musique, les ateliers sont offerts par les artistes Marc-André Charron, Mathieu Chouinard, Gilles Doiron, Julie Duguay, Luce Fontaine, Daniel Léger et Marie-Line Leblanc. Ils se déroulent dans cinq écoles francophones à Fredericton, à Oromocto et à Saint-Jean, pendant toute la semaine. Le lancement des activités jeunesse s’est tenu mardi à l’École des Bâtisseurs, à Fredericton, devant quelque 700 élèves. Cette année, l’AAAPNB a voulu faire rayonner les Éloizes non seulement dans la capitale provinciale, mais dans toute la région du Sud-Ouest, en injectant davantage de fonds dans le volet scolaire.

«On travaille d’arrache-pied avec le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance pour qu’il y ait un meilleur enseignement des arts et une meilleure présence des artistes dans le milieu scolaire, alors il fallait montrer l’exemple et on l’a fait. C’est la plus grande programmation scolaire qu’on a eue dans l’histoire des Éloizes. Ça permet aux élèves de créer et de démystifier la profession d’artiste et aux artistes de jouer un rôle fondamental pour faire de ces jeunes-là de meilleurs citoyens», a déclaré la directrice de l’AAAPNB, Carmen Gibbs.

Selon Carmen Gibbs, la programmation jeunesse donne aux Éloizes tout son sens, en voulant se rapprocher de la population.

«Toute la semaine, on est en contact direct avec la population là où elle vit et travaille. Les élèves constituent une population cible parce que c’est là que ça commence», a-t-elle poursuivi.

La ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Marie-Claude Blais, qui a assisté au lancement, a indiqué qu’avec le volet jeunesse des Éloizes, le ministère poursuit sa relation avec l’AAAPNB.

«On sait comment les arts et la culture jouent un double rôle dans l’éducation pour le côté identitaire et dans le fait de se retrouver comme communauté francophone et acadienne», a affirmé la ministre Blais. «L’art n’est pas juste dans les musées, c’est chez nous, dans nos écoles, dans notre communauté et c’est vivant», a poursuivi Marie-Claude Blais, qui mentionne que son ministère continue de travailler à accroître la présence des artistes dans les écoles.

De 2009 à 2013, les visites des artistes en milieu scolaire ont décuplé, passant de 152 artistes dans les écoles acadiennes à 1542 en 2012-2013.

«C’est une minirévolution et c’est extraordinaire parce qu’effectivement, je crois que tout le milieu de l’éducation comprend de plus en plus que pour que les élèves puissent bien réussir et être fiers de qui ils sont, les arts peuvent jouer un rôle aussi important que toutes les autres matières qu’on enseigne», a exprimé Carmen Gibbs qui estime que les artistes commencent à récolter les fruits du travail effectué avec les États généraux et la Stratégie globale pour l’intégration des arts et de la culture.

Carmen Gibbs rêve du jour où le programme scolaire des Éloizes rejoindra les écoles acadiennes de l’ensemble de la province, pas seulement celles de la région hôtesse.