Des temps difficiles, mais une vie culturelle toujours dynamique au Restigouche

CAMPBELLTON – Baisse de l’achalandage en salle… Revenus à la baisse… Les temps sont difficiles pour les arts et la culture au Restigouche.

Les deux sociétés culturelles du Restigouche – des Hauts Plateaux (SCHP) et de la Baie des Chaleurs (SCBC) – ont dévoilé lundi soir le bilan de leur dernière saison. Si l’organisation de chacune se dit satisfaite de l’ensemble des résultats, les bilans financiers viennent assombrir le tableau.

Dans l’ouest, la SCHP affiche en effet un déficit de 5080 $. «L’une des raisons principales de cette situation, c’est la coupe du Programme d’aide à la diffusion du gouvernement du Nouveau-Brunswick. C’était une aide indéniable que nous avions de la province pour aider à la diffusion de spectacles et il en est résulté un important manque à gagner», explique France Levesque, directrice générale de l’organisme.

Le manque à gagner dépasse, pour sa part, les 8000 $ pour la SCBC.

«On a eu plus de difficulté cette année à trouver des partenaires dans la communauté pour commanditer nos événements», évoque pour sa part Conrad Bourque, agent de développement culturel pour la SCBC.

De part et d’autre par contre, on constate une même problématique, soit une baisse au chapitre des assistances pour certains spectacles, ce qui n’a certes pas aidé la situation financière des deux organismes. «Pour certains spectacles, nous avons très bien fait quant à la vente des billets, mais même si nous réussissons à faire salle comble, ça ne veut pas dire automatiquement un gros profit. Ça dépend des productions. Plus la machine derrière l’artiste est grosse, plus tu sais que ça va coûter et qu’il ne te restera pas beaucoup de profit dans les poches à la fin. C’est malheureusement une réalité. On n’est pas là pour faire du profit, mais c’est bien de faire un certain montant afin de pallier le manque pour ceux qui font moins bien, pour éviter les déficits», exprime M. Bourque.

Pour Mme Levesque, cette diminution aux guichets s’explique en partie par la situation économique de la région.

«Les gens ont moins d’argent, et on ne peut pas les blâmer de vouloir mettre quelque chose sur leur table avant de mettre quelque chose sous leurs yeux et dans leurs oreilles», souligne-t-elle.

Comme mesure de redressement, la SCHP a décidé de proposer légèrement moins d’événements que lors de la saison précédente (qui avait atteint le nombre de 24). «Je crois que nous remplissons très bien notre mandat d’outil de développement culturel. Cela dit, nous sommes conscients que nous avons un déficit et nous allons travailler afin de le régler. On ne peut pas continuer à faire des déficits. Il faut du financement, faire en sorte que la culture soit viable», souligne Mme Levesque.

À la SCBC, on prend bonne note de la situation. On ne s’est pas encore mis en mode panique. «On est persuadés que nous serons en mesure de renverser la situation», soutient M. Bourque.

QUOI DE NEUF À VENIR?

Bien que leur situation financière ait été éprouvée au cours de la dernière année, les deux sociétés culturelles restigouchoises ne délaisseront toutefois pas leur clientèle et proposeront chacune une programmation variée.

À la SCBC, la saison s’amorcera en septembre avec une valeur sûre, soit la vedette country du Québec Patrick Norman. Celui qui a déjà foulé les planches du Théâtre Restigouche présentera un spectacle intimiste, soit accompagné de deux autres musiciens. Le 4 octobre à Dalhousie, l’organisme présentera la pièce de théâtre 100 % viril, mettant en vedette les comédiens restigouchois Luc LeBlanc et André Roy, ainsi que Robert Gauvin. «C’est une nouvelle production portant sur trois gars qui vont à la chasse. Ça promet d’être drôle», souligne M. Bourque. Dans le cadre de la tournée Coup de cœur francophone, la SCBC accueillera l’Acadienne Caroline Savoie, celle-là même qui s’est illustrée à l’émission The Voice en France. L’organisme proposera également La Revue acadienne, un spectacle pour enfants (Art Richard), et le tout premier one man show humoristique du comédien Luc LeBlanc.

Dans l’Ouest, parmi les noms à surveiller lors de la prochaine programmation de la SCHP, notons l’artiste québécois Louis-Jean Cormier (19 octobre) avec, en première partie, Caroline Savoie. L’artiste Damien Robitaille sera également de la partie (16 novembre) avec, en première partie, le lauréat du dernier Sommet de la chanson de Kedgwick, Dave Puachz. L’humour sera aussi au rendez-vous avec l’humoriste et chanteur François Leveillé (15 février) et le Restigouchois Luc LeBlanc (31 mars). «Notre plus gros événement, toutefois, ça demeure notre Festival international de théâtre communautaire, qui aura lieu durant le Congrès mondial Acadien», note Mme Levesque.

À noter d’ailleurs que la SCHP célèbre cette année son 25e anniversaire.