Au Pays de la Sagouine, un grenier magique et légendaire

BOUCTOUCHE – Êtes-vous prêt à percer les vieux secrets de famille de Mariaagélas? Ce sont des histoires pleines de mauvaises fréquentations, de revenants et de loups-garous. Avez-vous peur de faire ressusciter le passé? Si non, courez sans crainte au Pays de la Sagouine et découvrez Les légendes cachées de nos greniers.

L’univers d’Antonine Maillet est riche. Un admirateur, qui a tenu à rester anonyme, a dit que devant cette femme de lettres on ne pouvait que faire la génuflexion. Il s’est même demandé quand elle allait évoquer l’avenir. Pour l’heure, il n’est question que du passé avec le nouveau spectacle présenté sur la scène du restaurant L’Ordre du Bon Temps.

Tokyo, Miscou, Moscou, Bouctouche puis Richibouctou: Christian «Kit» Goguen est un baladin qui a pas mal bourlingué de par le monde. De façon surprenante et spectaculaire, il apparaît dans le grenier de Mariaagélas, dans lequel la fille du bootlegger de l’Île-aux-Puces farfouille avec Peigne et Ti-Louis, et exhume des trésors. «Kit» Goguen brûle les planches avec panache.

«“Kit” Goguen, il dépasse tout. C’est formidable comme il crève la scène. Il est extra-extra-extraordinaire», a déclaré Benoît Duguay avec enthousiasme.

Le passé prend aussi la forme de l’ancien français, cette langue surannée d’avant Malherbe, si chère au coeur d’Antonine Maillet et encore présente dans la culture acadienne. Un parfum d’autrefois, de jadis, de naguère: en résumé, le bon vieux temps, malgré tout émaillé de références contemporaines.

Ainsi, des Français de 2014, l’on se moque aussi. Plus précisément, ce sont les Parisiens et leurs anglicismes qui font l’objet des railleries du joyeux quatuor. Et cela, ce n’est pas une légende: c’est un conte urbain.

«Ce qui est bon dans ce spectacle, c’est son côté contemporain, ça explique les anglicismes. Mais en même temps, Antonine Maillet nous donne une leçon. Elle nous fait un cours d’histoire et de linguistique», a ajouté M. Duguay.

Un bref détour par le Vieux Continent, et le public revient au coeur de l’Acadie et de ses fantômes. Parmi ceux-ci, le Revenant de Richibouctou qui jaillit des brumes de l’au-delà, dans un fatras où, pêle-mêle, des malles côtoient des coffres.

«La chanson du Revenant de Richiboucto, ça fait longtemps qu’elle a été composée. Ça m’a rappelé de bons souvenirs», a dit pendant l’entracte Georgina, une habitante de Notre-Dame.

Même si Denise Bouchard, André Roy et Nathan Dimitroff assurent dans leurs rôles réguliers, c’est indéniablement «Kit» Goguen qui a réuni les suffrages du public pour son grand retour au théâtre.

«C’est ma première fois au Pays de la Sagouine et c’est vraiment bien, je ne regrette pas d’être venu, a confié André-Guy Thibodeau. Je recommande l’expérience à tout le monde. «Kit» a vraiment beaucoup de talent.»

De la magie, des effets spéciaux et une désopilante séance de spiritisme complètent le tableau qui réserve d’autres surprises.

Le souper théâtre Les légendes cachées de nos greniers sera encore présenté les 17 et 31 juillet, ainsi que les 7, 14 et 21 août.