Quand le cancer sert d’inspiration

MONCTON – L’artiste Mathieu Francoeur, de Dieppe, a choisi d’intituler son exposition Cancer; une collection de peintures qui l’a aidé à passer à travers la maladie.

Son exposition, qui comprend 11 peintures de différents formats, est présentée à la galerie du 2e étage du Centre culturel Aberdeen, à Moncton, jusqu’au 17 octobre.

Il y a quelques mois, Mathieu Francoeur a appris qu’il était atteint d’un cancer des testicules alors qu’il venait de laisser tout derrière lui pour aller vivre à Calgary afin de travailler. Le diagnostic a eu l’effet d’un coup de masse.

«Ç’a été un gros choc quand je l’ai appris», a confié Mathieu Francoeur.

Entre son opération et le début des traitements de chimiothérapie, il s’est lancé dans la création. Il n’avait que quelques jours de répit et il a réalisé deux grandes œuvres qui, aujourd’hui, sont au cœur de son exposition à la galerie du 2e étage du Centre culturel Aberdeen.

«Quand j’ai commencé à peindre, c’était vraiment pour sortir le méchant et la frustration, puis j’ai réalisé que les médicaments allaient être dispendieux. Quand j’ai réalisé que pour chaque injection c’était 150 $ et que j’en avais une trentaine comme ça à faire, et que je n’avais pas d’assurance, c’était la grosse panique», a-t-il raconté.

La création qui au départ devait l’aider à payer ses traitements contre le cancer et lui apporter un certain revenu est devenue en quelque sorte une thérapie.

«Une fois que j’ai commencé à faire les peintures, j’ai réalisé comment ça me faisait du bien. J’ai mis de la bonne musique, de l’encens et ça m’a vraiment fait du bien», a poursuivi l’artiste natif de Val-d’Amour, dans le nord du Nouveau-Brunswick.

L’arbre est un thème récurrent dans l’oeuvre de cet artiste qui pendant ses études en arts visuels à l’Université de Moncton s’est spécialisé en sculpture.

«Je viens du nord du Nouveau-Brunswick, donc la foresterie c’était quelque chose d’important pour moi. Pour moi, l’arbre mort a toujours été comme un symbole, mais là, j’ai commencé à leur mettre des feuilles, des couleurs et de la vie à mon arbre», a mentionné Mathieu Francoeur.

Comme quoi la vie commence à reprendre son cours, du moins il espère. Au moment de l’entrevue, l’artiste attendait sous peu les résultats de ses derniers examens. Il a terminé ses traitements à la fin août. Après avoir retrouvé ses forces, il a peint de nouvelles œuvres afin d’être prêt pour le vernissage de l’exposition. Ce sont les responsables du Centre culturel Aberdeen qui lui ont offert l’espace de la galerie du 2e pour y présenter sa collection. Pendant l’été, deux de ses œuvres ont été exposées au centre. Ses peintures ont beaucoup de texture et de relief. Il utilise une variété de techniques de peinture.

«Le plus important est la texture. J’ai beaucoup d’amis qui ont des déficiences visuelles, donc ils peuvent venir ici les toucher et les sentir quand même», a ajouté Mathieu Francoeur, qui prend la vie au jour le jour.

Le vernissage s’est tenu vendredi et les œuvres sont en montre jusqu’au 17 octobre.