Pierre Guitard triomphe au Sommet de la chanson de Kedgwick (vidéo)

KEDGWICK – Après avoir tenu un gala anniversaire au mois d’août dernier, les organisateurs du Sommet de la chanson de Kedgwick étaient de retour au poste samedi afin de présenter la 10e finale de ce concours de chant.

Originaire de Madran et ancien lauréat du Gala de la chanson de Caraquet en 2013, Pierre Guitard a récidivé à Kedgwick samedi en remportant, avec sa pièce Le diable blanc, la catégorie auteur-compositeur-interprète. Celui-ci n’a d’ailleurs pas seulement séduit les juges avec sa prestation, mais également la foule présente, obtenant de surcroît le prix Coup de cœur du public.

«Pour moi c’est le prix le plus symbolique», a-t-il confié une fois hors de la scène. «Ça m’a vraiment surpris, car je ne viens pas de la place, les gens ici ne me connaissent pas. C’est vraiment une belle surprise, car ça signifie que j’ai conquis la foule, donc que j’ai déjà un certain public potentiel dans le coin», dit-il.

S’il rêve de vivre de son art, ce dernier est néanmoins bien conscient que beaucoup de travail l’attend. «Ce n’est pas parce que tu gagnes un concours (comme celui-ci) que ta carrière est faite. Tu ne passes pas dans toutes les salles le lendemain matin. Ça te donne une certaine visibilité, une certaine crédibilité, et un accès à de nouvelles foules. Mais ça reste à toi de continuer à travailler et de toujours donner ton maximum», ajoute-t-il.

En plus d’avoir reçu une bourse financière pour sa victoire, celui-ci aura l’occasion d’effectuer la première partie du spectacle de l’artiste Damien Robitaille qui aura lieu au Théâtre Fatima de Kedgwick le 16 novembre prochain.

Chez les 18 ans et plus, le prix a été remis au chanteur St. Mars de Bonaventure en Gaspésie. Celui-ci y est allé d’audace en interprétant une pièce inconnue du grand public (Prisonnier de moi), soit une composition écrite par une amie.

«J’arrivais ici avec du matériel original. Gagner me confirme donc que ce que je propose est intéressant. J’ai su très bien m’entourer. J’ai de très bons collaborateurs qui m’ont monté tout un répertoire si bien que je suis prêt à faire des spectacles complets dès maintenant. Je suis prêt à sauter dans l’industrie de la chanson», explique l’interprète, alignant au passage quelques bons mots pour l’organisation du concours de Kedgwick.

«L’expérience globale est extraordinaire. Le fait de partager la scène avec des artistes de qualité, ça rehausse la fierté d’être là. Un concours comme ça donne vraiment un bon coup de pouce, notamment au niveau de la visibilité. Il va me permettre de me faire connaître auprès des gens du Nouveau-Brunswick. C’est important pour moi, car même si je viens de Bonaventure, je me considère avant tout comme un gars de l’Est, un gars des Maritimes, ainsi que comme un fier Acadien. Ici, c’est donc un marché tout naturel pour moi», dit-il, évoquant les racines de ses parents.

La victoire de St. Mars est par ailleurs accompagnée d’une invitation pour une vitrine au Festival acadien de Caraquet.

Pour ce qui est des deux catégories 12 ans et moins et 13 à 17 ans, celles-ci ont été remportées respectivement par Kaylee Michaud de Grand-Sault et Laurence Allie d’Auclair au Québec.

Pour ce qui est du Sommet de la chanson comme tel, le bilan de cette 10e édition semble être très concluant. C’est du moins l’opinion de son président, Bruno Huard. Impliqué depuis les débuts de l’événement, il brosse un portrait positif de l’ensemble de cette première décennie de spectacles.

«On a vu le Sommet de la chanson grandir. On a commencé tout petit, avec des trames sonores et non des musiciens comme à présent. On voulait donner la chance aux gens de monter sur scène et de montrer leurs talents. Aujourd’hui, on sent qu’on a fait une différence chez certains et on est très fier de voir qu’il y en a qui ont réussi à s’épanouir», dit-il, faisant référence entre autres à d’anciens participants comme Annie Blanchard, Caroline Savoie, Katrine Noël (Hay Babies), Maxime McGraw et Lisa LeBlanc.

Une ancienne lauréate, Annie Landry – celle-là même qui avait battu Annie Blanchard en finale lors de la première édition du Sommet –, a d’ailleurs témoigné à l’audience de tous les bons souvenirs qu’elle conserve du concours.

«Je me souviens encore aujourd’hui comment je me sentais quelques minutes avant d’entrer sur scène. J’étais tellement nerveuse. J’avais peur d’avoir un trou de mémoire. J’avais toutefois l’intention de donner le spectacle de ma vie et c’est ça que j’ai fait. Ce fut comme une école pour moi. Je n’ai jamais oublié mon passage ici, et je suis certaine que c’est également le cas pour bien d’autres», a-t-elle souligné.