DIEPPE – De nos jours, la littérature propose de plus en plus d’histoires qui voyagent d’une ville à l’autre. C’est le cas du plus récent roman de l’auteure de la Nouvelle-Écosse Martine L. Jacquot, qui suit le parcours d’une femme à travers le monde.

Auteure d’une trentaine de romans, de récits, de nouvelles, d’essais et de recueils de poésie, Martine L. Jacquot arrive au Salon du livre de Dieppe avec son tout nouveau livre, Les oiseaux de nuit finissent aussi par s’endormir (Éditions David). C’est l’histoire d’une femme, Ève, une interprète établie à Ottawa, qui erre de ville en ville tel un oiseau migrateur. L’écrivaine, qui vit à Grafton, en Nouvelle-Écosse, est elle-même une globe-trotteuse.

«J’avais toutes sortes d’images de mes propres voyages que j’avais envie d’utiliser. Tous les lieux que je décris dans le livre, je les ai visités», a affirmé Martine L. Jacquot.

Le personnage d’Ève se déplace d’Ottawa à Tanger, Paris, Moscou et Prague. Martine L. Jacquot raconte qu’elle a écrit ce récit de façon intuitive sans plan de départ, contrairement à ses autres romans.

«Quand j’ai écrit la première scène, je ne savais pas du tout où ça allait me mener. Ève est apparue comme ça. Je suis partie à l’aveuglette un peu comme Kafka, qui disait qu’il avançait dans la noirceur les mains tendues un peu comme un aveugle. C’était un petit peu la même chose», a poursuivi la romancière qui a d’ailleurs inclus cette citation de Franz Kafka dans son roman.

Martine L. Jacquot a écrit cette histoire pendant les soulèvements du printemps arabe en 2010 et en 2011. C’est donc une fiction qui a une prise sur l’actualité. Très impressionniste, son roman raconte tout en nuances l’histoire d’Ève qui a, en quelque sorte, effacé de sa mémoire des événements de son enfance. Elle a quitté son village natal en France pour aller s’établir au Canada. Son travail d’interprète l’amène à voyager à travers le monde. Petit à petit, au fil des pages, elle se réconcilie avec sa propre histoire avec l’aide de ses amis et d’une fréquentation de jeunesse, Charles. Comme pour tous ses romans, Les oiseaux de nuit finissent aussi par s’endormir a constitué un travail de longue haleine.

Nullement autobiographique, le roman suscite quand même des réflexions personnelles de l’auteure pouvant rejoindre également les lecteurs.

«Je pense qu’on porte toujours de la nostalgie et le questionnement sur qui je serais devenue si je n’étais pas partie et je crois que c’est dans la tête de tous les gens qui ont changé d’endroit dans leur vie. C’était un moteur dans l’écriture. Je me suis intéressée à voir comment un événement peut provoquer une suite d’événements», a exprimé Martine L. Jacquot.

Des thèmes comme la maternité, le rôle du père, le vieillissement et le rôle des médias colorent le récit qui aborde aussi une affaire de faux billets. Martine L. Jacquot a fait une recherche à propos d’une usine qui se trouve tout près de son lieu d’enfance qui faisait ce genre de trafic.

«Tout ce que je dis est vrai et l’usine existe encore», a-t-elle précisé.

Martine L. Jacquot, qui partage son temps entre l’écriture et l’enseignement, aimerait bien pouvoir vivre de son écriture, mais elle ajoute que c’est pratiquement impossible en Nouvelle-Écosse; une province où il n’y a pas de librairie en français ni d’éditeur francophone.

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