MONCTON – Saluée par une longue ovation de la foule, Le long voyage de Pierre-Guy B., qui a fait salle comble au théâtre l’Escaouette, à Moncton, mardi, navigue à travers une large gamme d’émotions. Errance, quête de vérité, liens familiaux et marginalité composent cette création atypique très réussie.

Ce deuxième volet d’une trilogie de fiction acadienne a été à la hauteur des attentes, laissant ainsi présager un beau succès, possiblement autant que celui ayant marqué Les 3 exils de Christian E. Les créateurs, Christian Essiambre, Pierre-Guy Blanchard et Philippe Soldevila, ont livré une œuvre vibrante, authentique, avec des moments drôles et émouvants. Pendant une heure et demie, on plonge dans la vie de Pierre-Guy Blanchard, un musicien dont le parcours est étonnant. Après de nombreux voyages, notamment au Moyen-Orient, il revient dans son village natal à Charlo où il a un studio de musique. À l’issue de la première présentée devant plus de 200 spectateurs, dont les membres de la famille du musicien, l’émotion était palpable.

«Je suis très émue. C’est comique et touchant et, en même temps, c’était notre enfance et c’est très vrai. C’est tout à fait lui (Pierre-Guy Blanchard) dans la folie comme dans la douceur», a confié sa sœur, Johanne Blanchard.

La pièce raconte l’histoire de deux amis d’enfance, Christian E. (Christian Essiambre) et Pierre-Guy B. (Pierre-Guy Blanchard), qui se revoient à Charlo. Maintenant papa, l’acteur Christian E., qui s’apprête à se marier, a une vie bien remplie tant sur le plan professionnel que personnel. En faisant le voyage depuis Québec pour aller retrouver son vieux copain à Charlo, il se remémore des moments de la vie de Pierre-Guy B. De son côté, le percussionniste globe-trotter est de retour de voyage et semble errer un peu sans but. Cet être épris de liberté déteste la superficialité des êtres humains et cherche avant tout la vérité. Dans sa maison au bord de la mer, tout près de sa famille, au milieu de ses instruments de musique, il demeure un homme indomptable. La baie des Chaleurs et la musique, qui n’est jamais très loin, constituent le fil conducteur de la pièce, qui fait des allers-retours dans le temps.

Ode à la musique et à sa famille, Le long voyage de Pierre-Guy B. révèle une facette de la personnalité de l’artiste complètement éclatée, sans contrainte, donnant ainsi des instants sublimes, comme lorsqu’il fait son monologue sur son séjour à Istanbul ou encore sa prestation de DJ révoltée dans une discothèque à l’Université de Moncton. Christian Essiambre, qui personnifie aussi la mère et le grand-père de Pierre-Guy B., est fidèle à lui-même, son jeu étant convaincant, pertinent et très physique. Ensemble, ils passeront trois jours dans cette maison à Charlo où Pierre-Guy B. a percé un grand trou dans le mur dans un moment d’égarement afin de sentir l’air salin. Quelle est la part de vérité et de fiction dans cette pièce? Difficile à dire, mais la famille semble s’être reconnue dans cette œuvre à la fois locale et universelle par les thèmes qui sont abordés. À voir absolument.

La mise en scène est de Philippe Soldevila, les éclairages de Marc Paulin et l’environnement sonore de Pierre-Guy Blanchard. La pièce est présentée jusqu’au 6 novembre au théâtre l’Escaouette. Il s’agit d’une coproduction du théâtre l’Escaouette, du théâtre Sortie de Secours et du Théâtre français du Centre national des arts. Cet hiver, le spectacle sera présenté aussi à Ottawa et à Québec.

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