FrancoFête: le Cercle d’auteurs-compositeurs a séduit

MONCTON – Humour, spontanéité et échanges sans prétention sur les sources d’inspirations et les histoires que comporte la création de chansons; le Cercle d’auteurs-compositeurs de la 18e FrancoFête en Acadie a séduit la foule au Théâtre Capitol, à Moncton, samedi.

Animé par René Cormier, ce cercle de la SOCAN, 100 pour cent acadien, a réuni Wilfred LeBouthillier, Caroline Savoie, Maxime McGraw et Annie Blanchard. La directrice de RADARTS, Jacinthe Comeau, souligne qu’il était temps que le spectacle phare de la FrancoFête offre toute la place aux auteurs-compositeurs de l’Acadie.

«J’ai aimé la soirée, c’était très varié. Chacun avait sa couleur et c’était intéressant de découvrir leur personnalité et d’aller aussi un peu plus loin là-dedans», a exprimé une spectatrice, Johanne Thériault.

Trois des artistes du cercle ont passé par des concours de chant télévisés comme Star Académie, au Québec, et The Voice, en France.

«Les concours, c’est un chemin facile pour être connu, mais c’est plus difficile d’être reconnu. En fin de compte, c’est le public qui décide si on va être encore là», a souligné Wilfred LeBouthillier qui a chanté entre autres Fort McMurray, une ballade qui a enflammé les réseaux sociaux dénonçant le système économique faisant en sorte que les travailleurs acadiens doivent s’exiler vers l’Ouest, ainsi que Home Sweet Home, inspirée de son grand-père à la guerre.

Tour à tour, à la guitare ou au ukulélé, les artistes ont livré avec beaucoup de générosité et en toute simplicité quelques-unes de leurs compositions en racontant comment celles-ci avaient vu le jour.

On a appris entre autres que la chanson Juste pour une bière de Maxime McGraw était inspirée de sa rencontre avec son amoureuse ou encore comment Cap Enragé de Zachary Richard a marqué Annie Blanchard qui a également parlé de son amour pour le folk et le country.

Puis, il y a eu les jolies chansons d’amour de Caroline Savoie au timbre de voix unique et qui parle de sa carrière avec tellement de spontanéité, comme un véritable vent de fraîcheur.

«On ne connaissait pas vraiment Caroline Savoie et ça nous a permis de la connaître un peu plus. Ç’a été un peu notre coup de cœur et je pense qu’on va aller acheter son album», a déclaré un spectateur, Michael Paulin, de Caraquet, qui a aimé découvrir l’histoire derrière chaque chanson et les succès des artistes.

Salué par une ovation des quelques centaines de spectateurs, le Cercle d’auteurs-compositeurs s’est conclu par un hommage à Angèle Arsenault. 

LES DIFFUSEURS ONT REMARQUÉ LA GRANDE QUALITÉ DES PRESTATIONS

Les responsables de la 18e FrancoFête en Acadie dressent un bilan positif de l’événement qui a rassemblé 500 professionnels de l’industrie des arts de la scène. Une soixantaine d’artistes se sont produits sur les différentes scènes à Moncton et à Dieppe. La grande qualité des prestations offertes cette année a été remarquée par les diffuseurs.

«Nous avons eu plusieurs coups de cœur majeurs. J’ai même pleuré pendant des vitrines, notamment pour Daran», a exprimé le président de RADARTS, Rodney Doucet, qui confie avoir retiré son chapeau de programmateur à quelques reprises afin de se laisser emporter par les prestations des artistes.

La FrancoFête a accueilli seulement six délégués européens puisque la SPAASI (Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale) avait décidé de favoriser le Congrès mondial acadien cette année. Selon les organisateurs, cela a tout de même représenté un beau potentiel pour les artistes étant donné qu’il y avait des délégués de la Suisse, de la Belgique et de la France.

«On a quand même bien hâte à l’an prochain et de revenir en force avec une trentaine de délégués internationaux», a indiqué Jacinthe Comeau.

Parmi les nombreux moments forts de la FrancoFête figure le bloc de vitrines de jeudi soir qui a mis en scène Luce Dufault, Daran, Stef Paquette, Joseph Edgar, Willows et Geneviève Morissette, permettant au public de voyager à travers le pays. Les artistes ont été salués par des ovations à de nombreuses reprises. Cette année, plusieurs vitrines, surtout celles de fins de soirée, étaient réservées aux délégués, afin de maximiser les conditions d’écoute. Rodney Doucet ajoute que la formule pourrait être revue l’an prochain.