Un centre culturel arabe à Moncton?

DIEPPE – Un centre culturel arabe pourrait ouvrir dans le Grand Moncton l’automne prochain. Menée par un groupe de citoyens de la région, dont le restaurateur Mohamed Ali Mhalla, cette nouvelle initiative vise à favoriser l’intégration des immigrants et à tisser des liens avec l’ensemble de la population.

Un comité fondateur a été mis sur pied afin de travailler à l’élaboration d’un centre culturel arabe appelé Marhaba (qui signifie «bienvenue» en arabe). Leur objectif est d’ouvrir la porte aux arabophones, arabophiles et à toutes personnes intéressées à la culture arabe. Selon Mohamed Ali Mhalla, propriétaire du restaurant et de l’épicerie Blue Olive, il y a un réel besoin dans le Grand Moncton pour ce genre de centre qui se veut rassembleur.

«Comme communauté arabe, nous n’avons pas de lieu où on peut célébrer des fêtes, présenter notre culture et apprendre à nos enfants la langue arabe», a déclaré l’entrepreneur qui espère redorer l’image du monde arabe qui s’est dégradée depuis quelques années, à cause des événements du 11 septembre et de la multiplication des attentats terroristes. Le Centre, précise-t-il, n’aura pas de couleur, ni politique, ni religieuse. Il sera ouvert à tout le monde sans discrimination raciale ou de religion.

«Les Arabes sont parfois visés par des préjugés, ce qui fait qu’au niveau de l’intégration, c’est un peu difficile comme pour la recherche d’emploi. Le but du centre est de promouvoir une autre image des Arabes. Le monde arabe n’est pas un monde figé sur la religion et extrémiste. On peut parler de culture, d’art, de langue, de poésie, de musique», a affirmé M. Mhalla, rappelant qu’il s’agit de l’une des cultures les plus riches et diversifiées.

Le Grand Moncton compte entre 300 et 500 immigrants arabes provenant d’au moins une dizaine de pays. Amira Khedhri explique que le centre pourrait offrir plusieurs services, comme des cours de langue et sur la civilisation arabe aux enfants et aux adultes. Bien que la programmation ne soit pas encore établie, ils aimeraient organiser un festival annuel, des soirées de discussions, de musique, des projections de films et des expositions. Ils veulent transmettre leur culture à leurs enfants qui ont rarement la chance de pratiquer la langue arabe.

«On ne veut pas tomber dans l’erreur de l’Europe. Après deux générations, les enfants des immigrants arabes ont complètement perdu la langue», a indiqué Badrezzamane Khalid.

D’après Mohamed Ali Mhalla, un centre culturel basé sur le respect et la tolérance contribuera à une meilleure intégration.

«On sent des fois que certaines institutions aimeraient bien que les immigrants oublient leur histoire, leur culture ou leur langue, mais ça ne peut pas aider les immigrants à s’intégrer. Au contraire, il y aura toujours une envie de retourner en arrière et ça pousse beaucoup d’immigrants à aller s’installer dans les grandes villes où il existe déjà des structures comme ça», a ajouté l’entrepreneur, rappelant que leur objectif est non de diviser la population, mais de l’unir. Ce sera un endroit aussi pour accueillir et aider les nouveaux immigrants.

Pour l’instant, le projet est au stade embryonnaire. Le comité qui élabore la constitution de l’organisme envisage de contacter les villes de Moncton, Dieppe et Riverview. L’emplacement du centre n’a pas encore été annoncé. Il pourrait être financé par le biais des services offerts, de donateurs et de contributions publiques. – SM