Grand Moncton: le projet de cinéma indépendant essuie quelques critiques

DIEPPE – Malgré certaines critiques, les démarches en vue de doter le Grand Moncton d’un cinéma parallèle se poursuivent. D’autres réunions sont prévues en mars, a indiqué le promoteur Donald Langis.

Une première réunion d’information s’est tenue cette semaine au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à Dieppe à laquelle une quarantaine de personnes ont assisté. Bien que Donald Langis aurait préféré faire salle comble, il est satisfait de cette première rencontre qui a permis de discuter du projet et de donner de l’information. Une douzaine de personnes ont laissé leur nom afin de participer activement à cette nouvelle initiative.

«Le projet poursuit son cours. C’est sûr que c’est une pente assez accentuée à monter parce que c’est un gros projet qu’on est en train de porter, mais on voudrait l’amener à sa pleine réalisation», a affirmé M. Langis.

Sans s’opposer totalement au projet, Hugh Murphy, responsable du cinéma Far Out East à Moncton depuis 20 ans, et qui présente pendant l’année universitaire des films internationaux deux jours semaine, est sceptique. Il y a deux ans, quand les promoteurs l’ont approché, il était favorable au projet qui devait être situé au centre-ville. Il envisageait même de déménager le Far Out East dans la nouvelle salle. Depuis que les promoteurs ont été contraints de revoir l’emplacement, M. Murphy a reculé. Il n’entend plus déménager. D’après celui-ci, l’ouverture d’un cinéma indépendant au centre-ville de Moncton aurait été l’idéal. Un projet qu’il jugeait innovateur.

«Cela aurait été une amélioration pour le Far Out East, mais d’aller à Dieppe, il n’y a pas de différence que d’être à l’amphithéâtre Jacqueline-Bouchard (salle de l’Université de Moncton) qu’on disait loin du centre. L’emplacement proposé n’a même pas pignon sur rue», a exprimé Hugh Murphy qui estime que c’est un gaspillage de fonds que d’investir 350 000 $ (selon le budget estimé) pour réaménager la salle de Dieppe quand il y a déjà une salle équipée à l’université. Il remet aussi en question la suggestion des promoteurs d’offrir une programmation constituée à  50% d’oeuvres francophones. Il se base sur d’autres cinémas indépendants au pays, comme Le Clap à Québec qui offre seulement trois œuvres originales françaises sur une quinzaine de projections à l’horaire cette semaine.

Un projet viable?

Le directeur du CCNB de Dieppe, Claude Allard, précise que l’institution est ouverte à ce genre de projet qui répond à sa vocation communautaire.

«Nous avons été clairs avec le promoteur, que nous, notre offre était de rendre la salle disponible moyennant certaines modalités contractuelles, mais que ce n’était pas dans le mandat du CCNB de financer à partir de son fonds d’immobilisation ou autre pour accommoder un cinéma. Ce devait être un cinéma financé par des sources externes», a précisé M. Allard, ajoutant que le projet pourrait apporter une belle visibilité à l’institution.

Le directeur général de Film Zone, Marc Gauthier, qui appuie le projet de cinéma indépendant, encourage le dialogue afin que toutes les opinions puissent être émises. Une fois ouverte, la salle pourrait offrir des sélections du Festival international du cinéma francophone en Acadie, mentionne le directeur de Film Zone qui croit en la viabilité d’un cinéma indépendant dans le Grand Moncton. Dieppe et Moncton comptent 16 salles de cinéma commerciales, mais il y a des lacunes notamment en matière de cinéma francophone, avance-t-il.

«Je pense que si c’est vraiment bien fait, avec le bon marketing pour que les gens soient informés et que c’est régulier, ça peut être viable, mais ça prend beaucoup de travail», a-t-il commenté.

Pour l’instant, le CCNB représente une option possible. Une coopérative sans but lucratif sera fondée au cours des prochains mois afin de réaliser le projet, d’en définir le contenu et le lieu. Le comité tentera de recruter des membres. Des assemblées se tiendront les 10 et 31 mars. Donald Langis et ses partenaires réitèrent leur objectif d’ouvrir un cinéma parallèle 12 mois par année. D’après celui-ci, l’amphithéâtre du CCNB est une belle salle, même si elle a besoin d’aménagement.