Midsummer: du romantisme anti-fleur bleue

MONCTON – Comédie ludique et grinçante, Midsummer (une pièce et neuf chansons) débarque au Nouveau-Brunswick cette semaine. Mettant en vedette Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant, cette œuvre des auteurs David Greig et Gordon McIntyre explore des questions existentielles.

Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant, qui occupent une grande place dans le paysage télévisuel et cinématographique depuis de nombreuses années, se retrouvent sur scène, le temps d’offrir cette anti-comédie romantique.

«Les deux personnages sont très cyniques, pas du tout fleur bleue par rapport à l’amour. Quand ils racontent cette histoire, ils finissent par se faire prendre à leur propre jeu parce que dans le fond, c’est une histoire d’amour, mais traitée comme si ce n’en était pas une», a expliqué en entrevue Isabelle Blais.

Créée dans sa version française (traduction d’Olivier Choinière) en 2012 au théâtre la Licorne à Montréal, Midsummer met en scène l’histoire d’une rencontre entre deux âmes esseulées, Bob et Helena, à Édimbourg en Écosse. Bob est un petit bandit et musicien frustré, tandis qu’Helena est une avocate spécialisée en divorce dont l’amant vient de laisser. Elle est assez désabusée, mal engueulée avec un petit côté vulgaire et cru, relate la comédienne. On assiste à leur récit de 48 heures qui transformera leur vie. Isabelle Blais souligne que les deux personnages font face à une impasse.

«Ils ont tous les deux 35 ans et ils sont en plein questionnement parce qu’ils ne sont pas très satisfaits d’où ils sont rendus dans leur vie», a poursuivi la comédienne.

Couple aussi dans la vie, les deux comédiens, qui partagent les mêmes passions pour la musique et le théâtre, incarnent pour la première fois une pièce en duo. «On a beaucoup de plaisir et on partage le même plaisir dans cette pièce», a-t-elle confié.

Pierre-Luc Brillant a d’abord une formation en guitare classique, tandis qu’Isabelle Blais chante avec le groupe Caïman Fu qui s’est déjà produit à la FrancoFête en Acadie.

«C’est super d’allier les deux. Ça ajoute au défi de la chose. On est 1 h 40 en scène et nous n’avons pas de pause, donc c’est très exigeant. Au début, c’était stressant, mais là, on la maîtrise vraiment bien, donc on en profite plus», a exprimé la comédienne qui a été séduite par le texte de ce récit qu’elle qualifie de drôle et touchant. Avec plusieurs ruptures de ton et un rythme effréné, les chansons contribuent à faire respirer les spectateurs, considère Isabelle Blais. Ils voyagent du réalisme, au conte, en passant par la caricature et le surréalisme. Une œuvre complète qui touche à des questions universelles.

Pour Isabelle Blais, chaque projet, que ce soit au théâtre, en cinéma ou en télévision, est différent. Elle estime que le théâtre apporte quelque chose de très gratifiant parce que la réaction du public est directe.

«C’est gratifiant, c’est ça qui nous nourrit beaucoup et qui nous fait réaliser qu’on transmet du bonheur», a ajouté Isabelle Blais que l’on pourra revoir au petit écran en mars dans la télésérie Le berceau des anges du réalisateur Ricardo Trogi sur la chaîne Série +. Le scénario a été écrit par Jacques Savoie.

Midsummer (une pièce et neuf chansons) est présentée par le Théâtre populaire d’Acadie à Caraquet mercredi, à 20 h, et au théâtre l’Escaouette à Moncton jeudi, à 19 h 30.