Un premier roman pour Daniel LeBlanc-Poirier

MONCTON – Premier roman de Daniel LeBlanc-Poirier, Le cinquième corridor nous entraîne dans une histoire d’amour plutôt atypique où tout commence par la fin.

De la musique à la poésie en passant par le génie civil, Daniel LeBlanc-Poirier est un artiste aux multiples visages. Après avoir publié trois recueils de poésie qui ont été primés, l’auteur originaire de Campbellton présente son premier rom

Daniel LeBlanc-Poirier publie un premier roman intitulé Le cinquième corridor. - Gracieuseté
Daniel LeBlanc-Poirier publie un premier roman intitulé Le cinquième corridor. – Gracieuseté

an, Le cinquième corridor. Celui qui a grandi à Gatineau et qui habite maintenant à Montréal réalise un rêve d’adolescence. Dans sa jeunesse, il s’était promis de publier dans sa vie au moins un recueil de poésie, un roman et enregistrer un album. C’est fait. Son disque, Caramel, au style folk poétique, est paru en décembre 2014.

Pour écrire Le cinquième corridor, l’auteur s’est inspiré notamment des emplois qu’il a occupés dans des hôpitaux où il a côtoyé la maladie. Sans être un roman sur les hôpitaux, ce milieu figure en trame de fond.

«On réalise que le narrateur est malade, qu’il est à la recherche de toutes sortes d’affaires et qu’il essaie de fermer des boucles spatio-temporelles. Il est parti sur un délire. Il n’est pas schizophrène, mais il joue avec ces concepts-là», a affirmé Daniel LeBlanc-Poirier au cours d’un entretien à l’Acadie Nouvelle lundi.

L’auteur raconte que sa rencontre avec un écrivain montréalais schizophrène lui a fourni quelques éléments dans la construction de son personnage principal qui vit avec un sentiment de révolte. Au fil des 100 pages du roman, le narrateur âgé de 19 ans tente de reconstruire sa vie après avoir laissé Mylène, la passion de sa vie. Il recommence souvent la même histoire dans cette quête où il s’enfonce dans le délire, le vertige et la drogue. Tant dans l’écriture que dans la structure, la poésie enveloppe ce premier effort romanesque au style débridé, désarticulé, teinté d’humour où il y a plusieurs sauts dans le temps. «Le fait que le roman soit désarticulé fait partie de l’oeuvre», a soutenu l’écrivain.

Il confie qu’il aime ce médium qui lui permet de témoigner d’une situation de façon plus accessible et crédible. Le parcours est accidenté, mais on suit très bien l’histoire. Au milieu des personnages de Mylène, Margaux, Pagona, d’une vendeuse de crack et de sa mère bipolaire qu’on ne voit jamais, le narrateur livre ses états d’âme.

«Quand j’ai écrit le roman, j’ai pris des gens que je connaissais, j’invente des histoires et je les mets là-dedans et j’essaie de voir comment ils réagiraient. Ça fait donc des personnages qui ont des psychologies qui sont sincères et humaines.»

Daniel LeBlanc-Poirier estime que l’histoire de ce roman peut se résumer en un paragraphe, le reste étant du déploiement poétique.

«C’est comme une roche que tu lances à l’eau et qui fait plusieurs ondes avec des ricochets. Pour ce roman, je n’avais pas de plan, la narration s’est construite au fur et à mesure de l’écriture. Pour le prochain, je pense que je vais opter pour quelque chose de plus classique», a ajouté celui qui à un nouveau recueil de poésie en chantier.

Publié aux Éditions Perce-Neige, Le cinquième corridor sort en librairie le 25 février. Même s’il habite à Montréal, l’artiste a toujours voulu garder un lien avec sa province natale.

«Ma famille est encore là. C’est chez nous. Je trouvais ça important qu’une partie de mon travail soit associée à l’Acadie et au Nouveau-Brunswick», a ajouté l’auteur qui participera au Festival Frye à Moncton du 25 avril au 3 mai. Né en 1984, Daniel LeBlanc-Poirier est aussi technicien en génie civil.