Le majestueux phare de Sandra Le Couteur

Sandra Le Couteur a été maintes fois acclamée par la foule au cours de son lancement jeudi, à Shippagan. - Gracieuseté - Mélissa Duguay
Sandra Le Couteur a été maintes fois acclamée par la foule au cours de son lancement jeudi, à Shippagan. – Gracieuseté – Mélissa Duguay

SHIPPAGAN – Avec son dernier-né intitulé Le phare, Sandra Le Couteur signe le meilleur de ses trois albums en carrière.

Après un lancement couru le 17 mars dernier au célèbre Lion d’or de Montréal, la diva acadienne était de retour dans sa région natale, jeudi, pour offrir officiellement son plus récent opus aux siens.

Le Baccus de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, était d’ailleurs rempli à craquer pour ce deuxième lancement de la diva acadienne, présenté par la Maison de la culture de Shippagan. La chanteuse a offert pour l’occasion un petit florilège de ses nouvelles chansons en compagnie de ses musiciens – Julien Breau à la contrebasse, Nicolas Basque à la guitare et Théo Brideau au violon.

Visiblement fébrile et d’excellente humeur, Sandra Le Couteur a été maintes fois acclamée par la foule au cours de sa prestation scénique marquant ainsi la naissance de son disque.

Sur galette, Le phare s’avère un véritable bijou. Pour la première fois, Sandra Le Couteur y utilise pleinement toutes les subtilités de sa voix unique. On la savait déjà rugissante comme les flots rageux de la mer. La chanteuse y va encore de quelques envolées vocales émouvantes sur Le phare, mais elle se montre aussi chatoyante, toute en douceur. À titre d’exemple, la très belle pièce Valentine et Clémenceau, écrite par son fils Valéry Robichaud et mise en musique par Viviane Audet (comédienne dans Belle-Baie et musicienne dans la formation Mentana), dans laquelle la grand-mère qu’elle est tente de réconforter son petit-fils âgé de 5 ans à peine et qui a déjà vécu une grande peine d’amour. Le disque fait alors apparaître de nouvelles couleurs vocales de la chanteuse et qui lui vont à ravir.

Sur le plan musical, on reconnaît bien le son folk-pop auquel Sandra Le Couteur nous a habitués. Toutefois, Le phare est plus roots que ses deux précédents albums (Terre natale, 2010; La demoiselle du traversier, 2005), parfois teinté des années 1960 et 1970 et évoquant subtilement Françoise Hardy à quelques occasions. L’accent est mis davantage sur les guitares et les cordes, rendant chacune des pièces à la fois aériennes et marquées du sceau des origines musicales de Sandra Le Couteur, qui vogue depuis ses tout débuts entre la chanson acadienne et les grands classiques français.

En outre, on peut affirmer, comme elle l’a d’ailleurs laissé entendre jeudi, que son disque «respire la mer». Chaque univers des pièces de l’album invoquent en effet les lieux où elle a grandi et habité, dont ce fameux phare de Miscou, qui a inspiré la pièce-titre de l’album, écrite là encore par Valéry Robichaud et Viviane Audet, ainsi que des personnes chères qu’elle a côtoyées, comme sa mère, à qui elle dédie une chanson, Anita, écrite de sa plume et mise musique par Gilles Bélanger (Chloé Sainte-Marie; Douze hommes rapaillés). La chanteuse signe également une autre pièce sur une musique de Gilles Bélanger, Delphine, dont le texte est tiré de son recueil de poésie Au clair de mon île, paru en 2002 aux Éditions La Grande Marée.

Difficile de rester insensible et de ne pas tomber sous le charme de ce nouvel opus magnifiquement réalisé par Éric Goulet (Yann Perreau, Vincent Vallières), tant les sonorités et les textes nous transportent dans des mondes parallèles, presque chimériques, mais pourtant bien réels. Le lissage rêveur et maritime de l’album colle bien à la voix tendre et savoureuse de Sandra Le Couteur, qui se livre dans Le phare dans toute sa vérité, généreuse et discrète à la fois, terminant sa ronde en toute sensualité avec Que tu m’embrasses, dernier titre du disque.

Le phare est disponible dans divers points de vente du Québec et du Nouveau-Brunswick, de même par le biais du réseau Distribution Plages (www.plages.net). Sandra Le Couteur dédie son album à Yvonne et Jackie Vautour «pour leur résilience», écrit-elle en première page de son livret de paroles.

Sandra Le Couteur s’envolera sous peu pour la France pour une série de concerts. Elle sera de retour en Acadie le 23 mai pour présenter, à 20 h 30, un spectacle au Centre culturel de Kent-Sud à Bouctouche.