Les multiples chantiers d’écriture d’Antonine Maillet

MONCTON – Antonine Maillet travaille à plusieurs projets d’écriture, dont une nouvelle œuvre théâtrale autour du personnage de Citrouille, qui sera jouée cet été au Pays de la Sagouine. Un livre de la pièce sera également publié à l’automne.

Celle qui a fait connaitre l’Acadie au monde entier par ses romans et ses pièces de théâtre est de passage au Festival Frye à Moncton. La grande dame de la littérature canadienne est loin d’avoir dit son dernier mot. En plus de s’affairer à deux projets, la dramaturge et romancière continue d’écrire des textes pour le Pays de la Sagouine. La pièce, Citrouille, fils de la Sainte, qui mettra en vedette Luc LeBlanc, sera présentée cet été et mise en scène par le Gaspésien Patrick Ouellet. Au dire d’Antonine Maillet, le Pays vivra des transformations lors de sa prochaine saison, notamment avec l’arrivée du nouveau metteur en scène qui apporte dans ses bagages une nouvelle vision. Dans Citrouille, fils de la Sainte, le populaire personnage qui a franchi le cap de la quarantaine a évolué.

«C’est un Citrouille qui a une nouvelle façon de voir les choses. Il a grandi, il a progressé et il fait autre chose dans la vie», a mentionné l’auteure qui a concocté toute une série de nouveaux textes pour les personnages de l’Île-aux-Puces.

Si elle écrit toujours, l’écrivaine ne s’impose plus d’échéance ou de contrainte de genre.

«M’arrêter d’écrire, c’est pas possible, mais je ne dis pas que je publierai toujours au même rythme. Je me laisse aller beaucoup plus. Il n’y a rien qui presse. C’est dû à l’âge. Je me fais plaisir d’écrire ce que j’ai à dire de la façon que je veux», a exprimé l’écrivaine âgée de 85 ans, qui estime que ses personnages ne l’ont pas nécessairement suivi lorsqu’elle a déménagé, il y a deux ans.

«Je pense qu’ils sont restés dans mon grenier et ce n’est peut-être pas une mauvaise chose. Il était temps que je change de forme peut-être et j’ai repris une nouvelle vision d’écriture», a confié celle qui promet du nouveau. Ce sera peut-être un mélange de fiction et d’essais. Son vingtième roman L’albatros, considéré comme étant est l’un de ses livres les plus importants, est paru en 2011.

Antonine Maillet a été des touts débuts du Festival Frye, avant même qu’il soit nommé ainsi. Après avoir participé à l’événement à quelques reprises, celle qui a reçu le Prix littéraire du Gouverneur général (GG) pour son roman Don l’Orignal en 1972,  prendra part à la soirée spéciale qui réunira cinq lauréats acadiens des Prix GG jeudi.

«Ça m’honore et ça me fait plaisir. Ça veut dire que le travail que ma génération a fait a porté ses fruits. Je craignais à un moment donné qu’il y ait une espèce d’engouement pour la littérature et que ça tombe. Ce n’est vraiment pas tombé, la relève a été immédiate et forte», a confié l’auteure qui se réjouit de voir briller des auteurs acadiens de toutes les générations œuvrant en théâtre, en roman et en poésie.

«Quand on dit qu’il y a moins de romanciers que de poètes en Acadie, c’est vrai, mais toute littérature nationale commence toujours par la poésie et c’est normal parce que la poésie, c’est le lyrisme et le lyrisme c’est la jeunesse qui l’exprime. Plus tard viendront le théâtre et le roman. C’est normal que la littérature acadienne soit arrivée par la poésie et nous avons de très grands poètes», a ajouté Antonine Maillet.